HISTOIRE SOCIALIST8 i239 faire: écarter Loule négociation, et plonger au cœur même de la Révolution le glaive de la Prusse el de l'Autriche. Elle ~carte aussi les combinaisons <:es Feuillants, qui voulaient enlever le roi de Paris, l'entourer des troupes fidèles ou présumées telles de Laf.iyctte, et àe là, sans doute, faire la loi aux Jacobins. Le plan était absurde: car si ceUe troupe • constitutionnelle • n'avait pas combiné son elîorl avec celui de l'étranger, ello ne pouvait rien contre la France de la llévolulion, rien que déchainer sans doute, da11sParis menacé, d'elîroyables fureurs. El si celle troupe royaliste s'était associée, comme il semble inévitable, aux armées étrangères, elle ne faisait que prolonge,· l'i migration. Larayelle élail si animé contre« les faclieux •• el si exaspéré, il se ,entait si bien perdu et réduit à rien par leur triomphe, qu'il ne craignit pas de proposer à la Cour ce plan insensé. Une lellre de M. Lally-Tollendal au roi, du () juillet 1792, dit ceci: « Je suis chargé par M. de Lafayette de faire propornr directement à Sa Majesté pour le 15 de ce mois le môme projet qu'il a,ait proposé pour le 12 el qui ne peul plus s'exécuter à celle époque depuis l'engagement pris par Sa Majesté de se trouverà la cérémonie du 14. Sai\Iajcslé a dil voir le plan du projet envoyé par M. de Lafayette, car i\I. Duport a dil le porter à i\I. de Montciel pour qu'il le montràl à Sa Majesté. i\I. de Lafayette veut êlre ici le 15; il y sera avec lo vieux général Luckner. Tous deux viennen l de se voir, tous deux se le sonl promis, tous deux onl un même sentiment el un même projet. Ils proposent que Sa Majesté sorte publiquement de la ville, entre eux deux, en l'écrivant à l'Assemblée nationale, en lui annonçant qu'elle ne dépassera pas la ligne conslilulionnelle, el qu'elle se rende à Compiègne. Sa Majesté el Loule la famille royale seront dans un.c même voilure. li est aisé de trouver cent bons cavaliers qui l'escorleronl. Les troupes au besoin, et une partie de la garde nationale protégeront le départ ... • Et Lally ajoute: « Si, contre toute vraisemblance, Sa Majesté ne pouvait sortir de la ville, les lois étant bien évidemment violées, les deux gé1t<'ra11x marcheraient sur la capitale avec une armée.• - Oui, el ils y précéderaient de quelques heures le duc de Brunswick. Lafayette lui-même écrit le 8 juillet: « J'avais disposé mon armée de manière que les meilleurs escadrons de grenadiers, l'artillerie à cheval, étaient sous les ordres de M... à la quatrième division, et si ma proposition eill été acceptée, j'emmenais en deux jours à Compiègne quinze escadrons el huit pièces de canons, le reste qe l'armée étant placé en échelon à une marche d'intervalle; et tel régiment qui n'ezlt pas fait le premier pas serait venu à mon secours, si mes camarades et moi avions été engagés. • Lafayette n'est donc pas bien silr de son armée. Mais c'est pour celle marche contre Paris, c'est au moins pour surveiller de plus près les événements, QU!! Luckner, sous l'inspiration de Lafayelle, s'était replié de la Belgique sur, Lille. Vraiment, pour avoir voulu arrêter la Révolution au point où il s'arré-
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