1216 lllSTOinE SOCIALISTE roi de Hongrie pour lui proposer de donner une somme pour l'enlrclien des émigrés. Je doute que cette proposition soit adoptée. La mauvaise l'Olonté de celte cour est évidente, les émigrés ne sont pas môme soufferts à leur armée comme simples spectateurs, et au lieu d'en recevoir 7 à 8,000 qui ont él6 offerts, ils ont préréré ùe risquer que tout le pays soit occupé par les rebelles français, qui n'avaient d'avantage sur eux que le nomlire. Depuis qu'il leur est arrivé des renforts, ils n'ont plus rien à craindre; mais ils ont eu des moments très critiques, et au moment que~!. de Biron marchait sur Mons, le général Beaulieu n'avait que i,800 hommes el 3 canons; i,200 hommes arrivè• renl dans la nuit et 6 canons en poste. Même à présent, ils hésitent faute de monde à allaquer et à chasser les ~'rançais de Menin et Courtray. • Ainsi ce n'est môme pas à la politique incertaine et conciliante del' At:- triche, c'est aux velléités intransigeantes du roi de Prusse que Fersen el la royauté attachent leur espoir. Aussi le feuillantisme ne pouvait être qu'une duperie, à moins qu'il ne devînt une trahison. A celle bourgeoisie modérée et candide, qui sous l'émotion du 20 juin, lui envoyait des adresses de sym• pathie, Louis XVI préparait un singulier réveil; c'est sous le galop furieux des chevaux de Prusse que ses illusions auraient été foulées. C'est par la chel'auchée de Brunswick que Louis XVI répondra à la conOance naïve des révolutionnaires timorés. Fersen écrit à Marie-Antoinette le 30 juin : • J'ai reçu hier la lettre du 23: il n'y a rien à craindre tant que les Autrichiens ne seront pas battus. Cent mille Dumouriez ne feront pas révoller ce pays-ci, quoiqu'il y soit très fort disposé. « Votre position m'inquiète sans cesse. Votre courage sera admiré, et la conduite ferme du roi fera un excellent effet. J"ai déjà envoyé partout la relation, et je vais envoyer la Gazette universelle, qui rend compte de sa comersalion avec Pétion: elle est digne de Louis XVI. li faudra continue,· de mhne, et surtout tdcher de ne pas quiller Paris; c'est le point capital. Alors il sera aisé de venir à vous, et c'est là le projet du duc de Brunswick. Il fera précéder son entrée par un manifeste très fo1't, au nom d~s puissances coalisées, qui ,·endront la F,·ance entière et Pal'is en pa,•ticulier responsables des personnes royales. EnsÎtite il marche droit sw· Paris, en lai,sanl les armées combinées sur les frontières pour masquer les places el empêcher les troupes qui y sont d'agir ailleurs el de s'opposer à ses opérations ... Le duc de Brunswick arrive le 3 à Coblence; la première division prussienne y arrive le 8. » Voilà ce que valait la lettre de Louis XVI à l'Assemblée le 21 Juin. Seule, la Révolution populaire pouvait sauver la liberté et la· patrie. Et pendant que la royauté traitresse appelait l'étranger el l'attendait, haletante, pour supprimer la Constitution, Lafayette s'obstinait à ne voir que Je péril révolutionnaire, quittait son armée et accourait à Paris. Cette rois ce n'était plus par Jellre qu'il voulait sommer l'Assemblée de restituer l'autorité royale el d'interpréter la Conslitulion dans le sens feuillant. C'est lui-même, en une
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==