lllSTOlRE SOCIALISTE 1215 gnats: il m'en- rcsle peu, et clans quelques jours j'espère qu'ils seront aussi bien placés que les autres. « Je ,uis fâchée cle ne pouvoir \'OUS rassurer sur la situation de votre ami. Depuis trois jours cependant, la maladie n·a pas fait de progrès, mais elle n'en a pas moins des symplômes alarmants; les plus habiles médecins en clé,~,pèrenl. 1l faut une crise prompte pour le liter d'afl'aire, et elle ne s'a11no11cepoint encore; cela nous désespère. Faites part de sa situation aux personnes qui ont des affaires avec lui, afin qu'elles ptennent leurs précautions; le temps presse. • lü cc n'est pas à un adoucissement de la Conslilution que pensent les amis el agents de Louis el de )larie-Anloinelle, c'est à l'écrasement clc loule l'umvrc r(•volutionnaire. L'idée élail ,·enue au ministre d'Espagne, M. d'Aranda, qu'il pourrait olîrir ,a média lion el négocier entre la France el les deux puissance,, Aulriche et Prusse, U\'ec qui elle olail en guerre, une sorte de re\'ision con,lilulionnclle fal'orable à la monarchie. c·esl un projet absurde, car il supposait qu,· la France rôvolulionnaire avait peur, el elle tlail"plcine d'élan. ~lais les inlr,111,igeanls de la ~onlre-révolulion repoussent ce projet comme l'aurait repoussé la fiévolulion elle-même. Fersen écril de Druxelles, le 26 juin, au baron d'Ehremwaerd, envoyé de Suède à ~Iadrhl : « Monsieur le baron, je suis entièrement de \'olre avis sur la conduile que le roi cle France cloil tenir relalivemenl au projet que vous suppo,ez, a1ec raison à )1. d'Aranda de se rendre médiateur et de moJificr la Conslilution. li n'y a que les cours de Derlin el de Pélcrsbourg qui puissenl s·y opposer; encore l'impératrice, depuis la morl du fen roi, s'est-elle un peu rerroiùie de lïnlérèl qu'elle portail aux affaires de France, pour faire de celles de Pologne l'objet de son intérêt le plus \'if. Cependant sa vanilé la force à ne pa;.ahandonner la cause des princes qu'elle a embrassée avec tant de chaleur; mais on ne peut pas trop compter sur celle de lïenne, et, malgré tout ce qu'elle fait, il y a lieu de croire qu'elle verrait avec plaisir s'établir 1111nrégociation oil elle espère jouer un gmnd rôle. J'espère qu'il n'y a aucune communication directe entre le roi de France et lit. d'Aranda; cependant, comme en ce moment celle avec le roi est très difficile, el très rare, je ne puis avoir aucune cerlilude à cet égard. « De tous les souverains gui s'iC1léressenl au sort du roi cle France, nul ne se conduit aussi mal que l'Espagne el aus,i bien que le 1·oi de Prusse; il a donné les 'assurances les plus posili\'es de secours; el qu'il ne veut entendre à aucune négociatio11ou modificatio1i de la Con.slilulion, mais au contraire, qu'il veut avant tout la liberté du 1·oi,et qu'il fasse lui-mt!me la Conslitutionqu'ü voudra el q11'iljugera la plus avantageuse pour le ,·oyaume. 11donne 400,000 livresaux princes pour payer les troupes qui passeront, et compte leur astigner une place honorable dans les opérations qui auront lieu. Il a écrit au
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