Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

HISTOIRE SOCIALISTE 1205 agir par des pétitions sur l'Assemblée cl sur le roi. La pélilion n'était-elle pas légale? Mais ces pétilions il fallait les appuyer par une grande démonstration de force. C'esl en foule que les citoyens armé, iront à l'Assemblée et aux Tuileries. Ils iront le 20 juin, l'annive1·sairc du serment du Jeu cle Paume, pour rapt eler à tous la grande journée où l'arbitraire royal se brisa contre la fermeté des représentants. C'est le 16juin que Lazowsky et ses compagnons firent part de leur dessein au Conseil général de la Commune. Ce n·est donc pas la lettre cle Lafayette, connue seulement deux jours après, qui a donné aux faubourgs l'idée de prolester par la manifestation du 20 juin. Mais elle ajouta singulièrement à la colère et à l'élan. Lazow,ky et ses amis espéraient obtenir de l'Ilùtcl de Ville, du Comeil général de la Commune, la permission de maniteslcr. Ainsi, sous le couvert des autorités légales, la force populaire se déploierait sans ob,taclc, et l'elîet de la manifestation serait plus imposant cl plus sùr. li fallait que les délégués des faubourg, eussent déjà une très grande conscience de leur force pour oser demander la permission administrative d'aller en armes à l'Assemblée et aux tribunes. Le Conseil général de la Commune ne se laissa pas engager aussi avant. li refusa et prit l'arrêté suivant: • )Dl. Lazowsky, capitaine des canonniers du bataillon de Sainl-)larcel, Duclos, Pavie, Lebon, Lachapelle, Lejeune, Vasson, citoyens de la section des Quinze-Vingts; Geney, Delicns el Dertrand, citoyens de la section des Gobelins, ont annoncé au Conseil général que les citoyens des fauhourgs SaintAntoine et Saint-)1arcel avaient résolu lie présenter mercredi 20 du courant, à l'Assemblée nationale el au roi, de~ pétitions relatives aux circonstances el de planter ensuite l'arbre de la liberté sur la terrasse des Feuillants, en mémoire de la séance du Jeu de Paume. • lis ont demandé que le Conseil général les autoris:ll à se revélir des habits qu'ils portaient en 1789, en même temps que de leurs armes. • Le Conseil général, après avoir délibéré sur cette pétition verbale et le procureur de la Commune entendu: • Considérant que la loi proscrit tout rassemblement armé, s'il ne rail partie de la force publique légalement requise, a arrêté cle passer à l'ordre du jour. « Le Conseil général a ordonné que le présent arrêté serail envoyé au directoire du déparlemenl et au département de police el qu'il en scrail donné communication au corps muuicipal. • Cet arrêté est signé du doyen d'âge Lebreton, président, et du jeune secrétaire Royer, qui sera plus tard illustre sous le nom de Royer-Collard. (Voir Mortimer-Terneaux). 11irrita violemment les délt'gué, des faubourgs; mab ils passèrent outre el ils ronlinuèrent d'ailleurs, pour rassurer, pour

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