1204 HISTOIRE SOCIALIS'l'li:. la passion, que la !!rande ,•ie révolutionnaire s'exallait. Surtoul dans les roubourgs Sainl-.\nloine el Saint-~larcel le peuple élait prél à l'action décisive. li faudrait pouvoir suivre, Jour pour jour (mais les procès-verbaux ou manqucn l ou sonl trop inromplels) la , ie ùe chaque section, surprendre, pour ain,i dire, rcclosion el sur\'eiller la croissance des pensées révolutionnair es. Le brasseur Santerre el Alexandre, qui commandaient les halaillons des Enfanb-Trouvés cl de Sainl-~larcel, a1aienl beaucoup d'action; Fourn ier, qui a,·ail vainement lenlé fortune à Saint-Domingue el qui élail revenu en France le cœur ardent el aigri, l'ouvrier orr~vre Rossignol, le patron bou cher Lcgendre,le marquis ùc Sainl-llurugc, mNo dès les premiers jours de la Ré• volution au.\ agitations du Palais-Royal, le polonais Lazow•ky, command ant une compagnie de canonniers, scmlJlaient diriger le mouvement. ~lais que de forces inconnues fermentaient! C'est chez Santerre ou dans la sallo du Comilé de la Section des QuinzcYingts que se réunissaient les chef;. ~lais ils n·avaienl point des allures de conspirateurs. Il n'y avail rien de secret dans leurs démarches. Ils sava ient bien qÙ'ils ne feraient rien sans l'énergie populaire et que celle-ci de,ail être tenue en éveil par une action ouverte, 1mblique, audacieuse. Danton se ré servait, à cause de son caractère officiel. Mai~on savail bien qu'il n'était pas homme à se cacher, et que sa voix puissante sonnerait dans l'orage. Dès le 2 juin, plusieurs citoyens avaient demandé la permission d'organiser d ans l'église des Enfanls-Trouvés des réunions publiques. C'était comme une prédication permanente d'action révolutionnaire guïls voulaient instituer. Pétion, maire de Pari,, seconda leur demande. Il écrivit le 2 juin à Rœderer: • Plmieurs citoyens du faubourg Saint-Antoine ont présenté au Co nseil général de la Commune une pélilion par laquelle ils demandent la permis sion de s'as,embler, à l'issue des offices, dans l'église des Enfants-Trouvés, pour s'y instruire de leursdroils el de leurs devoirs. Le Conseil a arrêté que celte pétition serait renvoyée au Directoire du Département. J'ai, en conséque nce, l'honneur de vous l'adresser avec une expédition de l'arrôlé qui ordonn e le renvoi. • Le Directoire ne peul manquer d'accueillir favorablement tout ce qui peut tendre à éclairer le patriotisme des citoyens et leur fait connaitre les lois. Je l'OUS serai infiniment obligé de mellre celle demande sous ses yeux el de le prier, au nom de la ~lunicipalilé, qui m'en a chargé, de prendre celte démarche dan, la plus haute et la plus prompte considération. • Le Direcloire du Département, malgré ses attaches au parti feuillant, n'osa pas refuser. Mais le renvoi des ministres girondins donna au peuple l' élan décisif. Puisque le roi chassait les ministres qui lui demandaient de sanctionner ùes décrets néces~aires, des lois de salut révolutionnaire, puisque l'Assemblée hésitante semb!ait Impuissante à Imposer la santion, Il fallait
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