IIIS'l'OlllE SOCIALISTE 1203 • Vous commencez par tonner contre les anciens minis lres; l'un d'eux reslait encore, à l'époque où vous écriviez, el \'Ous attl,micz qu'il ne prolongerait pas longtemps dan, le Conseil du roi son équfroquc et scanrf,dru<c. e.ri<tence. • A Dieu ne plaise qu'aucune prévention personnelle pour des 1ni11i;trcs quels qu'ils soient, puisse influer rnr mes opinions el sur me, princi1>es: 011 m·a ,·eproclté ma 1n·o(onde indifférence pour crux mt'me qui semblaient présente,· des tilres de patriotisme, et j'ai eu moi-mhne beaucoup à me vtaindre de quelques-uns de ce11x que vo11~a/laque; avec tant de fureur. Mais si quelq11e chose po11vait me convainCl'e que le11rs vues po11Mient itre utiles au bien public, cc serait sans doute le m1tl ,n,lme que vous r,1 diles. Il parait au moins que ces ministres tels qu'ils sont, avaient obtenu la confiance de l'Assemblée nationale puisqu'elle a solennell ..menl déclaré qu'ils emportaient les regrets de la na lion, el c'est à l'Assemfllée nationale que vous parlez de ces mêmes hommes avec un insolent mépris! • Mais il faul encore que loul en parai,sanl les défendre contre Lafayelle, nob?spierre adresse aux ministres de la Gironde un trait amer. • Yous parlez de l'équivoque, de la scandaleuse existence de l'un des miniHres q1t1)vous venez de renl'Oyer, après les avoir fait nummer 1:ou<-111hn,. • C'est, en passant et d'un air détaché, un coup meurlriPr. Les Girondins appelé, ,au pouvoir par Lafayette! c'était fau.,; mais cpielle insinuation plus rerlontable au moment où Lafayette soulevait contre lui toutes les colères de la HéYolulion? 11 n'y avail donc pas désarmement des haines enlre la Gironde et Robe,pierre, mais seulement une sorte d<' lrè1·e politique pour faire face à l'eonemi commun. C'est le peuple de Paris qai fera au roi. au veto, à la lettre de Lafayette, la vraie r6ponse. Depuis plusieurs moi~, l'nnirnalion ùes esprits était ~,Lrème. L1 cléclaralion de guerre, l'avènement, 1,uis la cbule tlu ministère girondin avaient créé je ne sais.quelle allenle pas,ionnée. Le peuple avait le pressentiment que la lutte suprême en Ire la llévolulion el la royauté était proche, el comme à la veille des grands événements, des rumeurs cfîrayanles se répandaient 1;11moment Paris avait cru que la gilrdc du roi méditait l'égorgement des pall'ioles: co tout étranger venu à Pari,, les rngards sou~onneux cherchaient un con.pirateur. En mai l'émotion a l'ait él6 si grande, si g~nérale, que l'Assemlilée 16gislalive avait dù, pendant quelques jours, siéger en permanence. El elle avait de mème décrété, pour quelques jours, la permanence d~s sections. Ainsi, les citoyens qui affiuaienl au, assemhlées de sec lion, a l'aient pour ainsi dire reçu officiellement la garde de la liberté el de la patrie. Da,don, sans se compromettre, sans donner ou1·erlemenl de sa peraonne, suirnit de près ce moul'ement des sections, l'animant, le conseillant. C'est vraiment en ~mulllples foyers populaires, dont tous les jours les événements rallumaient
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