Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

IIISTOI Ill, SOCl.\f,IS'l'E 1107 drs ,u1,pols rie la Lyranni1'par les soldats dJ la lil,erlô, 6taienl as,et penauds. Mirat le, r~illail àprenwnt. On 11011sa,·a;L a,,ur~, dit-il a,·ec sarcasme, • que de,anl les Proits de !"Homme les boulels ùe crnon eu,-mèmes reculeraient». El re1,renanl son antienne de lrabi,on, il en,;a.,eail les soldats à massacrer 1,, chef-. èa Gironne exaspérée demanda cle, pour;;u;t,,s contre lui. C'est Lasource qui, en un di,cours d'une, iolence e,t1è111e,le dénonça ù la Léi:-i,lalil'e. Pour colorPr un peu ces po111,11;1r,contre ~laraLon décrda <·nmème Lemps ries I•Ollt.. ni(tl..., conlr,,, }fi jonrnali ..lc rnyali,t,• fl(})'OU. L'Ami dii 1,r11pf~ el l"Anii du Roi furcnl décrèt··s le m·':nejour, m1is c·esLsurtout !"Ami du peuple !lue la Gironde rnnlail atteiniJre. Ainsi, cl~sle dèLut, <"-rl,1L.ic11l lïuconséquenceé.oï-le el la htuité rlu rnrti giro111lin.Uri,,ot n"a\'ait qu·uue excuse en pré.::ipilllnl l.1pierre; c·e,t qu'elle 1lona,\l au l'rup!e la force de se dél!a:ra"cr de tous ses cn11(·misintéri,,ur,, cle rej ter tous les (lémenls de lrahi~on. C-esl Brüsot lui-mtl,11e qui, pr ,,,o I ar le, raisonnement- ,le Rohespierre, avait ùil: • ;-(ousa,·ons l.rsoin ùc g ·an,lès lrahh•lns. • Or, à l'heure même où le soupçon ,lu rr,q,li, ù•vrillail, a, monw11l 011nne applir,tion de celle polili 1ue de défiance et ù',,,Lr minalion était faite ,,ar les soldai,, la Gironde s·emporl:til jus11u'au délire. :\lai,, dira-L-on, les ~old-1ts •élai,':Jt trompé, el Dillon n'était pas un lraHre . .\t':;nrémenL, el la Gironde pouvait al'erlir ùe leur erreur le, sol1l,1tsde la Hé,·oh1Lion.~lais, cspéraiL-,•l'c, après al'oir pour ain;i dire sy,t(•m ,li~uemenl alToléla Fnnce pour IJ ,au\'rr. qu·· la r>b)n ll la ,"g•:;-r contlui·ai,,111 Lonsles mou,em,·nts du soupçon déchainé? O.i bien avait-elle la prétention de diriger à son gré les soupçon,el le, colère,tlans la grande âme orageuse de la füholulion, comme une main divine dirigeant la foudre dans les repli, tic, vastes nuées? Ces colères, ces inrtignalions de Lasource el des Girondins contre :\laral démontrent dès le dél>ut que la Gironde est con-lamnèe; ca.r elle esl incapal!le de faire sa propre politique: qui a déchalué la guerre, a déchainé par là m~me la yiolcnce a\'cuglc des pa>Sions, el doit ou1rir ù'em1.lléeau peuple un lar0e, un inépuis1ble crédit d'erreur, de colèrn et d'égarement. Se rebiffer orgueilleusement à la première erreur, croire que lu11Le,t perdu parce que le chaos de la guerre, de la force ~Ldu hasard ne se dél>ronille pas comme un écheveau dont on LienIrai I Lou, les fil,, c'e,L un signe de puôril orgueil et de radicale in11J11issauce. li e,t certain ùès mai11Lena11Lque, dans les chemins ouverts par la Gironde ce sont d'autres hommes plus résolus, 1•lus logique,, plu, allenlirs à h spontauéilé ùes forces populaires, qui conduiront la Rél'ulution. Danton atleodail, prêt à saisir de sa forte main les è, énements. \ï,i!JlemenL, il ~enlail que sou heure était 1·enue, l'heure de, ~a.,te; remuements un peu troubles que les ,olonl• s puis-antes et nelles condui,l·ntjusqu·au but. Ju,- qu·au mois de fénier 1i92, jusqu·au moment où il pril po-se,,ion de wn

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