1100 l!ISTOIRE SOCl.\LISTE emplois'? lis dPvraicnl, pour le bien de la patrie les occuper Lous. " Eternelle cl fa,liùicu,e querelle. D,•main, c'esl ~Jm• Roland, la gir"onrline, qui r,•prendra conl•·c Oanlon le reproche que Robespierre adresse maintenant à firis-ot. Elle lui fera un crime d'avoir été chercher dans les clûbs, parmi 'es ré,olutionnaires ardents, les serl'it~nrs de la R6volulion, <l'en avoir peuplé les ministère,, les administrations, les armées. ~lais, dans se, querelles avec llri;,ot, Robespierre n'oubliait pas la contre-révolution. Ou plutôt, par un coup de génie, par une merveille de clairvoyance el de haine il avait trouvé moyen de frapper tout à la fois la contrerérolution el la Gironde. C'était de frapper Lafa}etle. Lafayette était, à celle date, le vrai chef des Feuillants. li en était la dernière popularité; il en était l"épée. On savait <1u'il voulait interpréter la Constitution dans son sens le plu, modéré, qu'il com,itlèrait comme factieux Lous ceux qui voulaient élargir le droit de la Nali(ln aux dépens de la prérogative royale. El comme il arait gard_équelque crédil auprès des gardes nationales du royaume longlf•mps commandées par lui, il était la res.;ource suprème du modéranli~me. P,.mtêlre eùl-il été redoutable aux démocrates s'il ai•ait pu concerter son action avec la Cour. Mais la Cour se défiait de lui. El elle avait d'ailleur5 le projet non d'interpréter dans un sens modéré la Conslitulion, mais de la, renver.;er à la laveur de la guerre. Ain,i, LafayellP, entre la démocratie et la Cour, était isolé, el sa puissance vraie se resserrait tous les jours. ~lais il apparaissait encore comme le grand obstacle à l'élan de la démocratie révolutionnaire. El enl'allaquant tous les jours, en le dénonçant, en le discréditant, Robespierre ouvrait les voies à la Révolution. Mais il atteignait en même Lemps par ricochet la Gironde. Certes, entre la Gironde el Lafayelle il y avait eu loujours hostilité violente, el c'est à faux que Robespierre accusait Brissot d'avoir été le complaisant, le familier de Lafayelle. Mais la t.Jironde était au pouvoir, el Lafayette commandait une armée. La Gironde, quoiqu'elle occupàl le ministère, n'était ni assez forte ni assez audi,cieuse pour renouveler le haut peroonnel militaire. Elle maintenait à la lêle des armées Rocham~eau, Luckner, Lafayette r.lé,ignés par Xarbonne. El à vrai dire, à ce moment, le pays n'aurait pas eu confiance en des noms nouveaux; les événements militaires, encore médiocres et ince,·lains, ne suscitaient p s de jeunes chers. La gloire n'avait pas encore la rapidité de la foudre. Aussi Robespierre pouvait solidariser la Gironde et Lafayelle, comme un peu plus tard, et avec une bien plus terrible efficacité, il soli1larisera la Gironde el Dumouriez. Le début des hostilités avait été malhoureux. Dans une marche sur Tournai, une division de Rochambeau s'était heurtée étourdiment aux troupes autrichiennes, et nos soldats avaient fui. Se croyant ~rahis, ils avaient tué un de leurs officiers, Dillon, et ce premiPr revers mêlé d'indiscipline avait vivement ému les esprits. Les Girondins, qui avaient annoncé l'écrasement facile
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