HIS'l'OII\E SOCIALISTE 1157 deux soldes; le sous-lieutenant, trois soldes; le lieuten ant, quatre soldes; le capitaine, cinq soldes; le lieutenant-colonel, six sold es et le colonel sept soldeR. • ART. 10. - Lorsque la situation de l'Etat n'e,igera plus le service extraordinaire de ces compagnies. les citoyens qui la comp osent cesseront d'être payés, rt ,·r.nlreront da11s les compa911ies de gardes natio11 riles, sans conserver aucunes distinction.<. • C'est, comme on voit, dans les limites de la Coaslitulion bourgeoise, qui n'ouvrait la garde nationale qu·aux citoyens actifs, le principe démocratique ~e l'élection. C'est aussi la méfiance révolutionnaire à l'égar•l de toute force militaire distincte. C'est seulement pour faire face à un danger temporaire que les volontaires sont ainsi organisés. Aussitôt le dan ger passé, ils doivent se dissoudre el se perdre à nouveau dans les bataillons d'où ils furent un moment extraits. et ils n'y rapporteront ni grade, ni di stinction, ni mention spéciale qui leur permelle de s'isoler et qui perpétue l e souvenir de leur action belliqueuse. Mai, c'est rigoureusement parmi les gardes nationaux, c'est-à-dire parmi les citoyens qui étaient assez aisés pour être des citoyens acti!s et pour s'acheter eux-mêmes tout leur unirormo el équipement, que la Rél'olution voulait recruter ses défenseurs. Elle voulait des soldats bien à elle, défenseurs naturels de la propriété 1,omme de la liberté. La Constituante, de méme qu'elle n'avait appelé que les gardes nationales pour représenter la France au Champ de ~ars dans la grande fête de la Fédération, n'appelle que les gardes nationales pour détendre la France dans le grand drame de la gu erre. Un appel direct aux prolétaires, aux citoyens passifs eOt étc une déroga tion au principe de la fié,·olulion, et la Constituante, au moment de la fuite d u roi, était trop préoccupée de maintenir l'ordre bourgeois, de résener à ce que Barnave appelait • l'élite propriétaire et pensante• la direction du mouv ement, pour recruter en dehors des cadres légaux de la bourgeoi;ie l'armée char gée de la défendre. Exclure les prolétaires de la cité politique et les app eler à la sauYer, les proclamer passifs e( les convier à la forme la plus sublime de l'action, c'eOt été une contradiction redoutable, car comment refouier ensuite dans leur passivité électorale ceux auxquels le sacrifice consenti pou r la patrie el la Révolution aurait donné le plus beau des litres? D'ailleurs il eOl été coOteux d'ouvrir aut prolétaires les registres d'enrôlement, car la plupa rt d'entre eux n'étant ni armés ni en état d'acheter des armes auraient dll les recevoir du trésor public. C'est pour toutes ces raisons que la bourgeoisie révolutionnaire ne llL appel qu·aux gardes nationaux, c'est-à-dire à elle-m~me. A la voix de la liberté menacée, à l'appel de la patrie en péril, le bourgeois répondit avec un empressement admirable. Il surf il de parcourir la liste nominative des premiers volontaires de Paris publiée par MM. Chassin el Bennet dans Je premier volume de leur ouuage : Les volo11tairesnationaux
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