788 HISTOIRE SOCIALISTE de rexcessh ilé, de la constance des travaux Journaliers, des privations parllculières, de l'industrie et des spéculations commerciales qui seraient éteintes par la tyrannie insupportable, impolitique, impossible, du système de l'égalilé des fortunes. • Quel curieux encbatnement ! La bourgeoisie ne peul instituer la souveraineté de la nation el son contrôle sur les a!Tairespubliques sans se heurter aux anciennes classes privilégiées; elle ne peut les vaincre qu'en les expropriant au moins partiellement et elle ne peut les exproprier sans mettre en cause la propriété elle-même, et 1oilà que les paroles de Louvel frappent• l'excesshité • des fortunes, de toutes les fortunes; voilà que dès 1792, la propriété bourgeoise est obligée de se défendre contre la Rél'oiution bourgeoise par les arguments mêmes que plus tard Bastiat opposera aux communistes. Prouveur, dans la même séance, donne à ses crafnles une formule très vigoureuse: ,,Si une fois on viole le droit de propriété, Je voudrais bien qu'on me dise où l'opinion publique s'arrêtera. Rousseau a dit: " L'homme qui le • premier fll une palissade autour d'un terrain et dit: • Ceci est à moi 1• fut le • premier fondateur des sociétés.• Eh hien I Je dis aussi: « L'homme qui le • premier détruirait aujourd'hui les barrières qui constituent les propriétés ci- • viles, serait le destructeur de toute propriété.• Le mot propriété, Je dis plus: l'opinion allachée à ce mol, est la voO.lede ce grand édifice qui réunit 24 millions d'hommes en corps de nation; ébranlez celle votlle, l"édifice s'écroule. Il n'y a plus de nation, mais des individus. Je ne pousse pas plus loin celte idée; chacun peut en tirer les conséquences: elle suffit pour répMdre à ce qui a été dit hier sur lï11égalité des forllmes. Pour moi, je sais bien que si j'avais hésité jusqu'ici sur mon opinion, je 11'aurai9plus eu d'ù1ccrti1ude depuis que l'objectio11dont je vie11sde parler a été faite. • Qu'on remarque bien que, dans la Législali\'e, il n'y a plus de représentants des ordres et, en fait, il n'y a plus de nobles. C'est donc une assemblée exclusi\'emenl bourgeoise qui est prise de peur devant les conséquences que pourrait avoir une première atteinte à la propriété, même sous forme féodale. Les intérêts alarmés s'agitaient beaucoup. Tous ceux, nobles ou bourgeois (el ils étaient nombreux), qui possédaient des droits féodaux, multipliaient les brochures, les démarches. Lou\'el, dans son discours, trace un curieux tableau de Loule celle activité propriétaire: « Je sais, Messieurs, que l'intrigue et l'intérêt personnel qui s'agitent continuellement autour de celle enceinte, n'ont rien négligé pour que celle discussion se présentât d'une manière défavorable à l'opinion que Je soutiens: ècrils anonymes distribués à plusieurs reprises aux portes de celle salle ; observations injurieuses à votre comité; lellres sur l'étal des finances écrites au président du comité des finances; pélilions, même à celle barre, tantôt par de prétendus redevables de droits casuels auxquell on a fait demander la conservation de ces droits, lantot par de soi-disant créanciel'II
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