UISTOIRE SOCIALISTE 1115 live. Il indique que l'on pourrait établir des • cais<e, de scconrs et d'accumulation •, c'est-à-dire des caisses d'épargne, el s"il est bien vrai que cela ne dépasse pas le cercle de ce que nous appelons la mutualité, on verra dès mainleuanl, on verra bientôt plus nettement encore que c'est un grand esprit révolutionnaire et humain qui anime ceUe concef)tion mutualiste, et que Condorcet es~re arriver par là à un degré d"égalilé sociale, ou loul au moins d'équilibre social, qui Cassede la société renouvelée un type sans précédent de bonheur commun. Dans une nation qui occupe un grand territoire, oil la population est nombreuse, oil l'industrie a rail assez de progrès pour que non seulement chaque arl, mais presque chaque partie des difrérents arts soit la profession exclusive d'un individu, il est impossible que le produit net des terres ou le revenu des capita11.tsuffise à la nourrit.ure el à l'entretien de la presque totalité des habilanl.s et que le salaire de leurs soins el de leur travail ne soil pour eux qu'une sorte de superflu. Il esl donc inévitable qu'un grllnd nombre d'hommes n'aient que des ressources, non seulement viagères, mais même bornées au temps pendant lequel ils sont capables de travail, el celle nécessité entraine celle de raire des épargnes, soit pour leur ramille s'ils meurent dans la jeunesse, soit pour eux-mêmes s'ils atteignent à un Ageavancé. • Toute grande- société riche renrermera donc un grand nombre de paunes, elle sera donc malheureuse el corrompue s'il n'existe pas de moyens de placer avantageusement les peliles épargnes et presque les épargnes journalières. • Si, an contraire, ces moyens peuvent devenir presque généraux, les nécessiteux seront en petll nombre; la bienfaisance n"étant plus qu'un plaisir, la pauvret.è cessera d'être humiliante el corruptrice, el si on a une Consliluüon bien combinée, de sages lois, une administration raisonnable, on pourra voir enfin sur celle terre, livrée si longtemps à finégalité et à la misère, ,me société qui aura pour but el pour effet le bonheur de la pl11raUMde ses mem- ..-es... Ces établissements ofrriraienl des secours el des ressources à la partie pauvre de la société; ils empêcheraient la ruine des ramilles qui subsistent du revenu attaché à la vie de leur cher; ils augmenteraient le nombre de celles dont le sort est assuré; ils concilieraient la sta/Jilitd des fortunes avec les ooriatimu qui sont la suite tliceuaire dr, développement de fi11dttslrie el dtt commeN:e, et conJri6ueraie11t à établir ce qui n'a jamais existd nulle part, une nation riche, active, nombreuse, sans l'existence d'une classe pauvre el corromp1te... • Encore une Cols il aerail prématuré de discuter à fond une conception qui o'eat lc:iqu'on incident. Mais ce qui trappe précisément c'est, si je puis dire, l'-t de réalité que prennent, dèt 1792, les grandes paroles de justice fraternelle et d'égalité. li ne s'agit plus de 1péculations de philosophe. C'est defflll une 111emblée polllique, l propos d'un problème précis de flMnce,
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