Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

1001 IIISTOlllE SOCIALISTE monarchique. caut 'on de loas le:; autres prhilèges. Appuyer la conlre-ré\'0lntion sur la propriété, c"Hail lui donner une hase disloquée: les propriétaires nt' (orn,cront une classe que lorsque la propriété bour!-(roi,e nyJal vafocu el éliminé la prorriNé d"ancicn régirue, dniendra loul nalurellemrul le centre flo tous le, inlér~t-. Celle coalilioo de, propri6tnires. rêvée en i iO:?par ~lalleldu-Pan, hien loin de pouvoir arrHer la Révoluüon, supposait au co11Lrair1'lâ victoire complète de la Révolution. En 1ain cs,aie-l-il de crtier arlificiellemenl par la peur une entente que ln nature des cbœes ne permettait pas à ce momeal. D"abord, les désordres 'fllÏI énumère sont partiels, ils ne sont pas as,ez étendus el assez persistants pour pro,o~uer une panique. El pni,, ln bouri:eoisie révolulior.naire, m~me la plus prudente, môme la plus timorée, n·avail pas bc,oin de réfléchir longuement pour comprendre que le pfril le plus grave étnil pour rlle dans la conlre-ré\'olulion. Celle-ci a,nil une conce;,tion générale de la ,ocir-té, uh système politique el social li~: c'est le système qui, il y a deus ans à ptine, dominait el façonnait toutes les insl itution, de la France. C'e<t le système qui, en cc moment même, dominait cl façonnait presque Loule l"Europe. Le re,tiluer ne semblait ùoac pas une enlrepri,e impossible ni même malaisée. Au contraire, les mou ,ements d'ouvriers ilans les faubourgs de Paris contre les accapnreurs de ~ucre, les mouvements des paysans taitant les denrée, ,ur quelques marchés ne ~e rattachaient pas à nue conception sociale cssentiellem cnt ditrérrnte de la conception bourgeoise. li suffisait donc pour être à l"al>ri de oe côté, de refouler quelques• sèdiliC;ux• el la bourgoobie révolutionnaire savait qu·ene en a\'ail ta force. Au 14 juillet, à la fuite de Varennes, an Champ de Mars, elle amil ru discipliné ou foudroyé sans effort les agitateurs populaires ou ceux qu', n appelait • les brigands •· !dème IPs paysans qui taxaient les denrèt>•, et do, t heaocoup étaient de petits propriétaires, n·aurairnl I as t()Jéré qu·un part11ge général des terres partll menacer leur petit domaine, ou qu'une orgnnis&- tion communale prétendit l'englober el l'absorber. Et les omriers des villes ou 1,s pauvres nimerons s'offraient au besoin à la bourgeobie révolutionnaire pour contenir ou réprimer les soulè,·ements pay~ans. De ce côté donc elle avait peu à craindre, el même au plus fort de la tempôle, même au plus rorl de la Terreur, que seront les vexations ou les périls qu'aura à sabir la bourgeoi~ie modérée, b. côté des ruines sanglantes qu'auraient accumulée~ snr elle les princes el les émigrés rentrant viclomux en 1792? Les veules de biens nalionnut ca.,Ms, le domaine d"Eglise reconslllué, les porteuni d'as-ignalS ruinés, les • patriotes • massacrés en chaque commune par les ,-alels des nobles ou par les clients fanatiques des prêtres, tout l'ancien régime revenant comme une vaste meute irritée el donnant la chasse anx révolutionnaires; les hommes les plus modérés de la llè~olution confondus dans cette répression sauvage nec les démocrates les plus eultés, ou pent.-èttt, à~

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==