HISTOIRE SOCIALISTE 1003 d'un Lonplus violenl qu'il parle. Vi~iblement, il cherche à répandre la terreur. • L'insurrectlon de Picardie n'est pas apaisée encore que voilà cinq mille brigands ou agitateurs parcouranl en armes le département de l'Eure, taxanl les grains,commellP.nt mille violences el menaçant d'attaquer Evreux.A Etampes, voilà M. Simoneau, maire de la ,,me, assassiné à coups de fusil et de piques au milieu de la garde nationale; à Montlhéry, un fermier haché en morceaux. Et Dunkerque tremble encore de voir renouveler le pillage du mois dernier ; dans le département de la Haute-Garonne, on attaque les greniers, on br0ie les maisons; on rançonne les propriétaires dans la demeure desquels {à Toulouse spécialement el aux environs) l'autorité des clubs a fait placer garnison de gens inconnus; chacun se croit à l'heure d'un pillage universel; l'impôt languit plus que jamais; les percepteurs de redevances n'osent pas les exiger; on assomme les huissiers de ceux qui osent le tenter; les bois particuliers sont non seulement dévastés, mais en dernier lieu les communes se les distribuent par des actes en bonne forme.• El il essaie, par une Lactique que l'expérience démontra prématurée, mais qui sera souvent pratiquée dans la suite, de grouper par la peur tous les « propriétaires », tous les possédants contre la Révolution, contre le peuple, contre la démocratie. • Le Jour est arrivé où les propriétaires de toutes classes doivent ,entir enfin qu'ils vont tomber à leur tour sous la faux de l'anarchie; ils expieront le concours insensé d"un grand nombre d'entre eux à légitimer de premières rapines parce que les brigands étaient alors à leurs yeux des patriotes; ils expieront l'indilîérence avec laquelle ils ont vu dbsondre tout gouvernement, armer une nation entière, détruire toute autorité, opérer la folle création d'une multilude de pouvoirs insubordonnés, et cou ;,Pr sans retour les nerfs de la police et de la force publique. Qu'ils ne se le dis•iruulent pas : dans l'état uù 1zo11sommes leur héritage sera la proie du v{us fort. Plus de loi, plus de gouvernement, plus d'autorit~ qui puissent disputer leur patrimoine aux indigents hardis et a,·més qui, en front de bandièrP. se préparent à un sac universel. » Le calcul de Mallet-du-Pan dont Taine s'est borné à paraphraser el à pé.;aotiser les articles, était assez puéril. II voulait faire communier tous les hommes • d'ordre •, dans un même symbole: la propriété. Mais il était impo•slble d'arrêter la Révolution en faisant une ligue des propriétaires, en constituant la propriété à l'étal de force conser,alrice. Car, entre la propriété telle que la comprenaient les hommes d'ancien régime el la propriété telle que la comprenaient les révolutionnaires bourgeois les plus modérés, il Y avait désaccord el même opposition. La propriété bourgeoise, pour se délinir el grandir, pour conquérir toute la liberté d'action et toutes les garan• lies nécessaires, devait refouler la propriété d'ancien régime, toute surchargée de prétentions féodales ou nobiliaires, et qui cherchait son point d'appui non dans le droit commun de la propriété, mais dans Je privilège
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