HISTOIRE SOClAL!STE 1083 menlaire prévue par le décret du 30 mars en la prélevant non plus sur les reYenus particuliers des biens séquesLrés ou vendus, mais sur i'ensemble des rcs~ources procurées par la vente. Aussi, dès ce momelll, dul-il apparaitre am esprits clairvoyants que les biens des émigrés ne tarderaient pas à suivre aux mains de la Révolution les biens de l'Eglise. Ce m~me jour du 30 mars où. l'Assemblée législative préludait, par la mise en séquestre des biens des émigrés, à leur mise en vente, qui sera décidée le 10 aoOt, revenait devant elle un débat qui passionnait bien des inlérêts. JI s'agissait de l'aliénation des forêts nationales. Depui, des mois laquestion était posée. Quand l'Assemblée avait dO aborder l'organisalion du service des forêls, plusieurs députés avaient demandé qu'elles filssent vendues. Us alléguaient que tout service public était onéreux, que les forêt,, devenues propriétés parliculières, seraient beaucoup mieux gérées, qu·eues rapportaient à peine un revenu net de 4 ou 5 millions, et, qu'au contraire, si elles étaient vendues à leur valeur, qui, selon les uns, dépassail 300 millions, selon d·autres, atteignait un milliard, l'Etat serait débarrassé d'une grande rartie de la delle. Ils prétendaient que laisser à l'Etat, c'est-à-dire à ceux qui pouvaient, en un jour de défaillance des esprits lassés, s'emparer de l'Etat, nn domaine au~si vaste, une ressource aussi puissante, c'était constituer d'avance au despotisme une réserve financière près de laquelle la liste cil•ile n'était rien. A ceux qui s·errrayaient, pour notre industrie, de la disparition ou de la d,minution possible des forôls, ils répondaient que trop longtemps la France routinière n'avait compté que sur le bois pour ses usines à feu. L'heure élail venue de suivre l'exemple de l'Angleterre, de fouiller profündément le sol et d'e,traire le charbon de terre. D'ailleurs aux particuliers qui achèteraient des parties rle forêts, la loi pourrait faire l'obligation de garder certaines essences, de ménager cerlains arbres pour la marine. Toutes ces raisons étaient assez faibles. Mais la vérité· est que les ftnanoiers de la Révolution commençaient à s'inquiéter de la dépréciation de l'assignat, eLune vaste opération de ventes s'ajoutant soQdain aux ventes en cour, leurf>araissaiLde nature à frapper les esprits d'ét.onnement, à manifester les ressourees inépuisables de la Rérnlution, et à relever ou soulenir le crédit du papier révolutionnaire. Surlout la Gironde, déchaina.nt une grande guerre, voulait être assurée de pouvoir la porter sans fléchir, el. elle cherchait de nonYelles ressources, de nouveaux appuis au crédit de l'81!Signat.Robespierre lui reprochait Aprement de sacrifier ainsi à ses fantaisies belliqueuses le domaine national. bes département.. du Midi, qui possédaient peu de forêts, en acceptaient v.oloollers l'aliénalion qui assurait aux rentiers et porteurs d'assignat& des lia m6mdiolllÙ!s des gàranüea nouvelles. Au contraire, les représentants
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