10i8 HISTOIRE SOCIALISTE ment, des tribuues. Il y eut grand émoi des députés dont beaucoup demandèrent que les propriétés des nobles el des émigrés, en attendant que la nation en disposàl, fussent mises sp•cialemenl sous la surveillance et la protection des corps administratifs. li parait certain que si l'Assemblée n'avait pas statué assez \ile sur les biens des émigrés, un irrési•lible mouvement d'agression et de pillage se serait produiL Il n'est qu'à voir, en avril, le soulè,·emei1l de plusieurs cantons du district de Nlmes el du district d' Alais. De grande, troupes de paysans se mettaient en marche pour abattre les écussons seignruriaux de plusieurs châtraux, pour en piller et brlller une vingtaine, et telle était l'exaspération générale contre ceux qui apr~s a,oir pressuré le pays le trahissaient, et appelaient l'étranger, qu'au lémoigna,;e du directoire clu département du Gard « aucune force publique n'appuyait la résblance, et lëyal'ement des yardes nationaux était tel qu'ils reya,·daient comme des ac/fs de patl'iotislne les coupables violences qui se commeltaimt sous lturs yeu..1,•. > Les biens d'Église étaient à l'abri de ces violences instinctives et sauvages. Ils avaient été déclarés biens de la JJation, el, soit qu'ils eussent ét6 acquis par les municipalités el encore en leur po,se,,iou, soit qu'elles les eu,,enl mis en ,·ente, ils n'étaient plus des biens d'église: ils faisaient partie du monde nou,eau. Tous les soU1enirs d'oppre,sion, d'exploitation el de haine étaient comme di•,ipés par l'éviction de l'Église el par l'avènement de nouveaux prop1iétaires. Tous ceux, grand, bourgeois, petits bourgeois, paysans, artisans, gui en avJient acquis ou qui en convoitaient ne fû.t~e qu'une parcelle, veillaient sur la sûreté d'un ùien qui était leur ou destiné à le devenir. Ainsi, pour le, biens d'église, la va,le expropriation révolutionnaire cl legale prévenait les violences indh iùuelles. Au contraire, les seigneurs, le:; nobles, arnient uardé la propriété de leurs domaines; bien mieux, comme nous l'avons vu, ils prétendaient encore, selon la lettre et l'esprit des décrets de la Conslilu1nte, perce1oir les rentes féodales non encore rachetées. Et lorsque les nobles, ne labanl au domaine ou au ch:l.leau que leurs hommes d'alfaires, allaient à l'étranger emportant leurs écus, privant le pays de leurs dépenses dont il vivait, les colères étaient au comùle: je vois, par exemple, dans un « procès-verbal de la concluile de la municipalité de iïllefranche, dans l'Aveyron (du Z7 auil), gu·cJJ cette région sauvage où tant de dur, ch:l.teaux htrissaient les cr/>les et terruri,,aienl les vallées, les esprits, nn moment eÀcités dans les prc1uie1·sjours de la Révolution, puis assez calmes dans le:; années iiOO et ii01, s'étaient soulevés an printemps de iî92. • Cc fanatisme incendiaire, dit le procès-verbal, gagna notre département au commencemeot de la Révolution; mai, le supplice de quelques coupables arr~la la contagion. Toutes les propriétés ont été respectées])arminousjusqu'au temps où r,'migl'ation et les menaces de quelques ci-devant seigneurs 0111 ... rvi de 111atif ou de prétexte à de ,iouveaux pillages. • El, cc qui est
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