lllSTOIRE SOCIALISTll 1070 fraprant, c'est qu'à ces pillage, toute la population semhle participer avec unr absolue sécurité de conscience. C'est comm• la prise do possession d'un bien que le noble détenait injustement. Je ne sais rien de plus signific1tif à cet égard et de plus baroque tout ensemble que le procès-verbal de la gendarmerie après le pillage du château de Privezac. On y voit qu'il n'y a pre•que pas de maison où quelque objet du château ne soit bizarrement m~lé au pauvre mobilier des paysans ou artisans aveyronnais. • Chez la femme nomire, nous arnns trouvé une jupe de houdrin ,·crle, une pièce papier tapisserie, une veste de chasse drap de Silésie, boutons jaune~, etc., etc. (J'abrège forcément ... ) Etant entrés chez Gabriel Lau•i·1c, dit C 11îé, avoir trouvé dans la maison un fauteuil en damas citron avec son coussin et deux chaises garnies en jonc ... Dans la maison de Jeanne Pourcel, fille de feu Bernard, avons trouvé un fauteuil en damas citron ... une boite à toilette en fer blanc, un manchon peau de cygne, un chapeau de paille à haute forme ... Chez Joseph Mestre, aubergiste, commençant par fouiller son écurie, arnns trouvé une vache (qu'il avoue provenir de l'écurie de M. de Privezac ... ) Chez ~larie Levet, un morceau d'ètolîe en rouge, une porte de grande armoire ... Chez Gabriel Drugnet, trois roues de charrette, quatre charrues ... Chez Jean ~lagncr, charron, quatre contrevent,, un porte-manteau en cuir ... Chez Pierre Adé·mar, pei(J11eur de laine, un sac de lentilles, un rideau de voilure, une ,,•rYielte pour ùes enfants ... Chez Antoine Bories, matelas, chaises, paire de draps de lit toile de Rohan ... Chez Bernard Vidal, surlout en soie, trois jupe, en lllaoc garnies en falbala,, couverte piquée en soie verte, coilîes fines garnies de dentelles de Flandre, un chapeau ronù à haute forme, souliers pour (emmr, roues de charrettes, elc., etc. Dans la maison Bedene, malle pl1:ine ù'elîets, de jupes, déshabillés, etc ... El parmi les personnes dé;ignées comme ayant donné l'as.,aul, je relève à cûté de beaucoup de fils de propriét·1ires paysans, bien des artisan,; Pierre Gr,üs, couvreur, du lieu de Privezac; Jean-Antoine Foi-sac, tlil Lou Da1id, charpentier; et son frère, tailleur, dudit Privezac; Guillaume Tournier, couvreur, Pierre François dit )Jorigon, couvreur, du village d'Anglas; Couderc, charpentier de la paroisse de Drulille, etc., elc. Tout le pa~·s y était et lousarnieot emporté quelque r.hose. Si l'Assemblée n'avait pa~ prononcé le séquestre des biens des émigrés, si elle n'avait pas, si je puis dire, au fronton des cbo.teaux armoriés, remplacé les vieu, écussons par la Nation et la loi, il est probable que partout des· scènes de pillage, assez répugnantes d'ailleurs, se seraient produites. De même, si la Ré\·olution sociale éclatait avant que l'organisation du prolétariat fO.t assez forte, ce n'est qu'en nationalisant sans retard les usines, les grands magasins et les grands domaines qu'on les sauverait, en plus d'une région, de la destruction sauvage ou des basses pilleries. La proposition de Lamarque ful renvoyée au Comilé de législation. El
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