!lISTOIRI!: SOCIALISTE i071 municipaux séduits ou entrainés. Les directoires de département, les rapporteur, à la Législative insistent sur celle dbcipline avec uno arrière-pensée évidente. Les révolutionnaires bourgeois aimeraient bien, pour se ra-,urer, croire que le, paysans ohéissenl à un mot d'ordre secret des contre-r<holutionnaires, et qu'il y a l1t une intrigue de \"ancien régime, non le prodrome d"un va,te rnulèvement social. Aussi les admini,lraleurs du clblricl d"EYrcux écrivent que les • sédilieux • ont forcé les ré,:isseurs de la fur.;e de Louche à signer un traité « que la réflexion et une connaissance exacte du commerce dts (rrs ont dicté"· L'insinuation est claire. Les paysans, les culli1aleurs soul sur,posés incapables de conclure un traité aussi précis, sil n'y a pas un impiraleur subtil et habile du mouvement. Tartliveau, au nom de la commbsion des Douze, résumant les rapports qui lui sont aùrcssés de l'Eure, dit, le i3 mars : « Depuis 1,lu, de !roi, mob, une foule de gens sans aveu, robustes, vigoureux, mal 1:êtus,mais crpPndanl ,1e 11iendia11jtamais, parcouraienl les différents districts de ce déparlemenl I enda11l toul l"hi\er. Ayant tra\aillé à séduire rcspril simple el crédule des habitants, ils y sont parvenus en leur per,u·,danl qu'ils aYaienl le clroil comme le pournir de faire taxer le pain, comme toutes les aulres denrées comwerciales. • lb élaient pamre~ et sans at·eu, mais ne mendiaient pas. Donc ils Yirnient de subsides secrets fournis sans doute par le, ennemis de la Révolution, pour créer une agitation etrrayanle. Yoilà la conclusion que souscnltnd Tardhcau. ~lais cela parnll tout à rail arbitraire. li serait malaisé d'1•1pliquer, par de simples manœuYres el suggestions contre-révolutionnaires, ces vaste, rasseml,lcments de huil mille, dix mille, quinze mille cullilateurs et journaliers. C'est une force spontanée qui les mettait en muu\'emeul. D'ailleurs si la contre-révolulion avait sournoisement provoqué ce mouvement des foules pa}sannes, elle aurait eu intérêt à les pou,~er aux extr~mcs violences, au pillage, à J'incendie, au meurtre. Au contraire, le~ age11ls de propagande s'abstenaient même de mendier. Ce n'est ùonc ni un mouvement soudoyé el artificiel, ni une rérnlle exaspérée du prolétariat mendiant, du prolétarial errant. Les paysans ayaicnl horreur des vagabonds; et c·e~t pour ne pas les elTrayer que les organisateurs du mouvement, même les plus pauvres, s'abslien11ent de tendre la main. Ces pays de gros fermages, où il y a peu de chaumières dispersées el où la population rurale est ramassée dans d'a~sez gros villages, sont assez favorables aux manifestations collectives el réglées. Tautôt les paysans décidaient le~ municipalités des paroisses à marcher à leur tête : ils légalisaient ainsi ou s'imaginaient légaliser leur action; el quand les municipalités résistaient, il• en créaient d'autres, tout comme le peuple de Paris créera, au. 10 aotll, une commune révoh,1Uonoaire. Ils désignaient ce que le rapport de Tardi veau
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==