1070 HISTOIRE SOCIALISTE q11elq11es-11ns de nos déparlemenls où le système des grandes cultures el des gros fermages esl titaf,li, demeurenJ à la campagne el fonl valoir d'immerues possessions; de ces cultivaleuts fastueux che:. lesquels se reproduisent 10111 le lu.re et to11tesles s11pe,•fluil!',de la capitale; de ces accapareurs de IPrrairu ri de fermages, car je po11rraisles appeler de même avec vérité : ce sonl les financiers, les agioteurs de la partie agricole; on retrouve chez eux, avec les avantages de Uducalio11 citadine el souve111voluptueuse Ioules les défectuosités de l'ancien régime, établies principalement sur la vicieuse inégalité des forlunes. Si, d'un autre cûti', par leurs grands moyens, üs semblent lire les so11lie11Sde Ca9ricullure, ce ,,est qu'une pute illusion, et de l'autre, ils sont évidemment les fléaux de la population el le go11/[redes fortunes voisines. De vasles plaines couvertes de moissoru, il est vrai, sont a11tour d'eux, mais n11llechaumière ne s·y tenconlre; poinl de pelils propriétaires; lew·, domestiques el qurlques ;ournaliers pauvres el dépendants de ces dieux des campa9nes forment Ioule lapop11lalio11du pays; ce sont d'a11tressei911eursde village; ils en pren,tenl souvrnt la lwute11rel la plupari des dé(auls; ils savenl y joindre la théorie financière, les calculs el les spéculaliollS mercantiles, el souvent encore ils étalent plus les vices de ces deux professio1is qu'ils 11'e11fonl tourner les produits à l'utililé commune; c'esl, en q11elquesorte, une classe à pari dans la grande classe agricole; ce soul de riches citadins domiciliés des champs; ce sont les pelits despotes des campagnes. • ELnon seulement, en toute cette région qui emelop;>e Paris, c·e,t contre ces gros fermiers que Je mouvement esL dirigé, mais, comme nous l'avons vu, dans la \ente des biens nationaux, la part faite aux bourgeois ou aux gros fermiers eux-m~mes est particulièrement éle\ée dans les départements qui entourent la capitale. De là,contre tout le capitalisme, installé en souverain dans ces riches plaines à blé, un méconlenlcmenL très df des petits parsans, des pelils propriétaires, des petits fermiers évincés ou menacés, et des artisans des bourg,. De plus, pour ces larges approvisionnements de Pari:;, que nous avons notés, les blés de Ioule l'ancienne Ile-de-France et d'une partie de la ;sormandie devaient être appelés; el les Journaliers p,u Ires craignaient une hausse excessive du prix du blé el du prix du pain. A en croire le rapport de Tardiveau, la hausse du blé ne pouvait être la cause décisive de l'agitation, puisque, selon lui, • les grains dans l'Eure étaient à bon marché, el le pain ne se vendait que deux sous la livre •· Si cela est exact, c'est surtout l'animosité des paysans contre les gros fermiers et les capitalistes qui serait le ressort du mouvement. Il y a deu;,. traits bien remarquables en toute celte agitation de l'Eure, de l'Eure-el-Loir, de Seine-et-Marne. c·est d'abord que les vast.es rassemblements de paysans qui se formaient procédaient avec une sorte de méthode et de discipline, é1ilant les ,iolences inutiles, s'alJstenaot de piller ou d'incendier, mettant à leur tèle, toutes les fois qu'ils le peuvent, lea ofllciera
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