1072 IIISTOIRE SOCIALISTE appelle • des officiers civils », el par eux, comme par l'organe d'une autorité réguli~re, ils taxaient les denrées. JI me parait impossible que le mouvement du peuple de Paris, en janvier, pour la taxation du sucre et des denrées, n'ait pas eu son cont recoup dans les départements environnants. Chose bien curieuse, ce n'est pas seulement le blé et le pain, comme on pourrait lïmaginer, que les insur gés taxent, c'est la totalité des denrées. Plusieurs des textes que j'ai déjà c ités le démontrent; mais les témoignages à cet égard sont surabondants. Les administrateurs d'Evreux écrilent le 5 mars : "Ils trainent à leur suite des officiers municipaux el des gardes nationaux qui, tambour battant, ensei gne déployée, fixent le prix du blé, des bois, dtt fer. » • Le premier rassemblement qui soil connu, dit Tardi veau, était composé d'environ quatre cents hommes qui se rassemblèrent sur la paroisse d e la NeU\e-Lyre et se portèrent de là au marché de la Barre, petite ville du district de Bernay. Us a,aicnt à leur tête quelques omciers municipa ux, même des juges de paix. Rendus au marché de la Barre, ils ,ollicilèrent de la municipalité qu'elle les accompagnât au marché du lieu el que là elle ta,O.t les grains tl 10111 ce qui se vendait dam ce marché. La municipalité, fidèle à ses de1•oirs, représenta comme une telle disposition était contr aire aux lois, combien, en même temps, elle était funeste pour ceux qui s e la permettaient. Elle fut dissipée, et les attroupés, se servant de ce qu'ils appelaient leurs officiers cil-ils, firent eux-mêmes cr qu'ils at·aienl voulu exi9er de la mtmicipalilé. • Le lendemain, ils se portèrent au marché de Neubourg; le surlendemain, à celui de Breteuil, même excès. Le 29 février, la municipalité de Conche s, autre petite ville du district de Verneuil, est avertie que le lendemain on devait venir à son marché. En conséquence, Je 29 février, elle prend une délibération par laquelle elle requiert la garde nationale de s'opposer aux entreprises que l'on voudrait faire sur le marché. Je ne sais si celle délibération esl de bonne foi; ,ous allez en juger par Je procès-,erbal qui suil: • Le jeudi, i" mars, nous, officiers municipaux, assemblés en la maison commune, en exécution de notre arrêté d'hier, la garde nationale de c elle ville réunie en partie sur la place d'armes, nous avons été invités pa r Je commandant de la compagnie, à la tête de ses troupes, d'aller au devant des citoyens armés que l'on nous a dit attroupés. Aussitôt nous nous sommes rendus à ses vues et nous avons été avec notre garde hors des murs de celle ville; nous avons aperçu environ quatre cents personnes armées de fu sils our la plupart, le surplus avaiL des haches, fourches, croissants l'l autrPs outils. » • Le commandant de la garde nationale de notre ville a envoyé un détachement pour les reconnaitre; ils ont répondu qu'ils étaient gardes natio• na11xel qu'ils venaient meure de l'ordre aans le marchi,
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