lllSTOJRE SOCIALISTE 1(131 acquiller; alors les produits de notre industrie ne pourront plus concourir avec les produits de celle de nos voisins. » Le pronostic est un peu somllre, et peut-être Callier de Gerville exagère-l-il ce qu'il y a de factice cl de ]lréeaire dans le mouvement de travail et de richesse de celte période. En dehors de l'elret des changes ôlrangers, l'immense rénovation sociale qui s'accélérait tous les jours, le déplacement énorme de propriétés qui s'opérait et qui induisail les noul'eaux propriétaires à des dépenses de transformation et d'aménagement, le go0l du bien-être crnillé dans les rangs les plus humbles du Tiers-Etal par la fierté révolution• naire, tout contribuait à exciter, et d'une fnçon plus durable et plus profonde que ne l'indique le ministre, l'aclivilé nationale. Mais les périls signalés par lui n'élaient pas ,ains, el nous a\'ons déjà vu la crise partielle des sucres réaliser un moment en jamier, trois semaines après le rapport ministériel, ces prédictions inquiétantes. Déjà Clavière, préoccupé d'cfîrayer la Législative sur les suites leriibles ù'une trop grande dépréciation de l'assilmat, avait insisl6 sur les fune-tcs elfcls de la llaissc du change étranger. Au contraire de Beugnot, el bien plus que Cahier de Genille, il signalait surtout les périls et laissait presque dan, l'ombre les côtés favorables. Dans une lettre communiquée à l'Assemblée le 1" ùécembre el où il réfute les objeclions que rencontrait son système ,:e .u,pen,ioo, je lis ces graves paroles: • Le p~ix du cbange décidant de Ill s 1apporL~avec l'étranger, ses variations ne se renferment pas dans les trama1C• lion, de, joueurs, elles alrectenl le prix des productions étrangères dont 11011, a,·ons besoin; le bas change les renchêril; il nuil par cons6quenl au1 man111aclurcs qui les emploient; il nous cnl1he sans cesse "uclques parties de no11e numéraire, car l'or el l'argent ne vonl pas de Fiance dans l'étranger par l'elrel du lias change sans y laisser une partie de leur quantité eu pure perle pour la France. Le lias change accuse toujours quelque gtand désordre; il inspire des craintes, et même les relations commerciales qui reposent sur un créilil utile aux Français en sont interrompues ou alraiblies. Les assignats, portés pour quelque cause que ce soit en pa)·s étranger, y tombent en di,crétlil el ce discrédit les faisant acheter à vil prix cause une sorte d'alliédbsemenl sur leur valeur dall'Sle royaume même. Le bas change favorise sans doute la demande des productions françaises, mais celle demande esl bornée par la consommation: elle se règle encore JJlus sur le besoin que sur le prix de la marchandfae; lundis que les opérations qui se combinent entre l'argent el l'or et le bas pru des changes n'ont pas de bornes. • liais, malgré ces craintes, un grand flot de vie, de production, de riclaetiae soulevait et entrainait la France de la Révolution; portée par ce courantrapide et soudain grossi, elle allait avec je ne sais quel mélange de Joie b&rdle el d'inquiétude, jetant un grand cri de colère quand elle se heurlaiL à 11111di0lcul16 bruaquemeot surgie, comme la crise du sucre, mais pas-
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