1 1030 HISTOIRE SOCIALISTE qu'une somme de cent millions de numéraire subdivisé est évidemment insuffisante à leurs besoins. • Deux mois après, le i8 février 1702, le ministre de l'intérieur, Cahier de Gerville, dans son rapport général à l'Assemblée sur l'état du royaume, déanit de même la condition économique de la France: « Le commerce, dans le moment actuel, offre des réwltats avantageux dont des gens malintentionnés chercheraient vainement à diminuer l'importance. Toutes nos manufactures sont dans la plus grande activité; un g,·a11d nombre dïndividm qui languissaient dans la misère et Nnaction sont rendus au travail et peuvent du moins exister. « Jlais je ne dissimulerai pas à l'Assemblée nationale, qu'une grande partie de l'activité de nos manufactures est due à la soulte de notre comm,rce ai·ec l'étranger, qui préfère les produits de notre ind11strie aux a11tresvaleurs qu'il n'est pas disposé à ,·ecevuir. La défavew· de nos changes procure encore à l'étranger, pour ses achats, des facilités momenta11ées. « L'augmenta/ion très considérable de la consommation intérieure, 1·és1tltant, soit des approvisionnements de toul genre que les circonstances présentes nécessitent, soit des spéculations individ11elles,doit encoreOtreconsidé1·ée comme une des causes de l'activité de nos manufact11res. • Et Cahier de Gerville indique, en même· temps que les avantages immédiats de cet étal économique, ce qu'il a de précaire. li esl bien certain, en effet, que lorsque toutes ces causes combinées qui accélèrent en France la consommation auront produit tout leur effet, lorsque tous les assignats disponibles aux mains de la bourgeoisie auront rait effort pour se convertir en marchandises, lorsque l'étranger se sera couvert de ce que lui doit la !<'ranceen s'approvisionnant largement chez nous, toutes les marchandises, produits et matières premières monteront peu à peu à un prix où nos industriels ne pourront plus que dilficilemeut atteindre, et où l'étranger, malgré le bénéfice du change, cessera ses achats. Il risque alors de se produire une dépression générale, ou môme un arrèt de l'industrie ne trouvant plus une quantité suffisante de matière première à ouvrer. « D'après cette courte notice, ajoute le ministre, des causes accidentelles et momentanées de l'activité de nos fabriques, on reconnait que notre commerce n'a point reçu d'accroissement absolu et indépendant, qu'il n'est pas dans un état de prospérité durable et que nou, n'ohtcnons point une véritable augmentation de richesses nationales. Nos ouvriers vivcnl, nous soldons nos dettes avec les produits de notre industrie, voilà tout notre avantage; mais il est grand, vu les circonstances. Il est d'ailleurs présumable que quand les matières premières que nous tirons de 1'étranger auront été consommées, nous serons obligés d'en faire de nouveaux approvisionnements, dont le prix augmentera considérablement, soit en raiion de l'état des changes, soit en raison des valeurs qui serviront à les
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