t021} HJSTOIRE SOCIALISTE Amsterdam, à Genève, à Hambourg, il fallait échanger 150 livres d'assignats contre 100 livres en ,•alems étrangères. Ou bien, à prendre les choses par l'autre IJout, les étrangers, avec 100 livres de leurs valeurs à eux, se procuraien l en France 150 livres en assignats. D'où vient celle extraordinaire baisse des changes étmngers, une des plus fortes que puisse suùir un pays 7 D'habitude, celle baisse du change ré1èle, dans le pays au détriment duquel elle se produit, un étal inquiétant de langueur ou de crise. Lorsque la production y est très faible, lorsque ce pays esl obligé d'acheter à l'étranger beaucoup plus qu'il ne peut lui vendre, il ne peut payer avec des produils nationaux les produits étrangers; il est donc oùligé d'acheter des valeurs étrangères pour payer ces produits étrangers, el, par suite, il est obligé de payer cher ces valeurs étrangères. De là rupture d'équiliiJre entre les valeurs du pays qui vend peu el achète beaucoup el les valeurs de l'autre pays qui vend plus qu'il n'achète. Ou encore lorsqu'un pays, manquant de capitaux, ne peul développer ses entreprises intérieures qu'au moyen de ca1,itaux étrangers, il est obligé, pom le service des intérêts, de faire de nombreux paiements à l'étranger, De là aussi, pour lui, baisse du change. Ou encore, quand les affaires d'un pays sont mal conduites, quand ses finances sont obérées, quand ses entreprises industrielles sont incertaines el téméraires, quand une catastrophe financière ou cvmmerciale peut atteindre le crédit de toutes les valeurs nationales, il l!_Slnaturel que l'étranger n'achète qu'à bas prix ces valeurs lremùlanle~, et qu'il ne les reçoi,•e en paiement qu'en leur faisant subir une déduction qui couvre ses risques. De toute façon, la baisse persistante des changes étrangers est un indice de malaise, de croissante anémie et de déséquilibre. El si nous appliquions cette règle à la Révolution, il faudrait conclure que l'étal économique de la France, en 1702, était singulièrement inquiétant. Mais précisément, il n'est pas possible d'appliquer à un pays en révolution une règle qui ne comient qu'aux périodes normales. A coup sûr, plusieurs causes ~éellemenl déprimantes agissaient, à celle date, sur le cours des changes. D'abord, l'énorme déficit de la récolte, en 1789, avait déterminé une grande exportation de notre numéraire à l'étranger. En second lieu, les médiocres rentrées budgétaires de 1790 et de 1791 pouvaient inspirer des doutes sur la solidité de nos finances. En lroi,ièmc lieu, comme l'ancien régime avait contracté beaucoup d'emprunts à l'étranger, à Genève, à Hambourg, à Amsterdam, à Londres, auprès de Lous les pays protestants riches de capi Laux, les brusques remboursements auxquels procédait la Révolution faisaient affluer aux mains de l'étranger les valeurs de France, et celles-ci en étaient dépréciées. Mais c'est surtout une raison morale gui explique celle baisse des changes étrangers. L'étranger n'avait pas dans le succès de la Révolution
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