lllSTOII\E SOCIALISTE 1027 française la môme Coique la France elle-même. Sans entrer dans les passions des émigrés, il en accueillait les propos dénigrants, les prophéties sinistres; eî, tandis que la France se senlail préservée du péril par la force m~me de sa croyance, le doute était grand à l'étranger; or, le doute c'était le discrédit. Mais ici ce discrédit résulte plutôt d'une fausse vue des autres puissances que d'une diminution de vitalité de la France elle-même. Or, dans ces conditions, la baisse du change ne produisait point des effets défavorables; elle agissail même heureusement sur la production. Les étrangers aimaient mieux recevoir en paiement des marchandises que du papier déprécié, et ils taisaient d'importantes commandes à nos manufactures. Ou encore, comme il- se procuraient à bon compte des assignats, el que ces a~signats, dépréciés par rapport à la monnaie, n'avaient pas perdu leur puis ance d'achat par rapport aux denrées, ils avaient intérêt à acheter, avec les assignats, beauconp de marchandises; et ainsi notre e1porlalion montait rapidement, el aussi notre production. Enfin, comme nos industriels et commerçants ne pouvaient acheter des marchandises étrangères qu'en payant pour le change une forte prime, ils restreignaient les commandes au dehors, el la production nationale se trouvait protégée d'autant. Ce sont là des avantages secondaires el momentanés qui résultent de la baisse du change, pour les pays dont le crédit est atteint; par un e[el singulier el paradoxal, ce discrédiL de leur monnaie el de leurs valeurs agit comme une prime à rexportation, comme une barrière à l'imporlàtion. hlais la France révolutionnaire a\'ait celle chance tout à faiL exceptionnelle de combiner ces a\'anlages i11directsde la baisse du cbange avec l'activité mcr- ,·eilleuse d'un pays en plein essor. C'est surtout une dilférence de température morale entre la France CLle reste du monde qui déterminait contre la France la baisse du change. Elle &\'ail donc à la fois la force d'un pays ardent, exubéranL de vie, el les moyens factices de développement qui, pour les pays en décadence, résullenl un moment de leur décadence mCme. Nombreux sont les hommes de la Révolution qui comprirent que cette baisse des changes ne dénotait pas un a[aiblissemenL de la France, ou qui même en firent \'aloir les avantages. Le 13 décembre i791, Delaunay (d'Angers) flétrit les manœuvres d'agiotage qui, suivant lui, créaient ou aggravaient la baisse du change el il conslat.e, par là même, qu'elle ne dérive pas d'une diminution de la vie économique de la nation. • Je le dis avec douleur, s'écrie-l•il, il n'y a pas encore assez d'esprit public pour les finances, parce que le peuple n'est point financier. C'est pour cela que tout a été· agiotage, brigandage, ténèbres. Nous sommes sans répression morale. Chez les Anglais, si leurs banquiers, leurs agents de change éLaieol assez peu citoyens Jour faire ou favoriser des opérations 11.oloiremenl calamiteuses, dans quelque temps heureux que ce fût el à
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