UISTOlllE SOCIALISTE 1010 tion des rôles; et malgré l'effort des sociétés patriotiques, de sourdes résistances contre-révolutionnaires paralysaient en plus d'un point le service fiscal. Quand la Législaliye débuta, elle dul constater que les années 17()0 el fi(Ji laissait un arriéré de 700 millions; la moitié de l'impôt srulcm~nl élail rentrée. El naturellement, il fallait faire face à ce déficit par les assignats. Créés pour parer à des besoins extraordinaires, au paiement des dettes effroyables de l'ancien régime, au rembour,cment des offices, ils semblaient destiné;; en outre à porter le poids des dépenses ordinaire;; de la Révolution. Ce fardeau aura il écrasé le crédit de l'assignat; mais les révolutionnaires e,péraient (el sans la guerre léur espoir eôt été réalisé) que l'ordre fiscal nouveau ne tarderait pas à s'établir el que les rentrées pleines suffiraient aux dépenses. li y avait néanmoins à cet égard quelque inquiétude et quelque malaise. En second lieu le rapport de l'assignat à son gage territorial restait assez mal défini. Ce qui faisait la valeur el la solidité de l'assignat, c'est qu'il était hypothéqué sur les biens nationaux; les as,ignals élanl admis au payement des biens tl'Églisc mis en vente, il esl clair que les assignats devaient garder leur crédit tant que la Yaleur des biens à ven,lre serait manifestement supérieure au chiffre des assignat, émis. Or l'écart était encore très grand. 1'andis que le rapporteur tle l'ancien Comité des finances de la Consliluante, \l. de Montr5qufou, dans un mémoire communiqué à la Législative, évaluait à 3 milliards 200 millions l'ensemble des biens Yendus ou à , endre, et que Cambon semblait adopter à peu près ce chiffre, c'est seulement à 1,300 millions que s'éle1aient les émissions d'assignats 10lées par la Consliluante. Non seulemenllc gage territorial de l'assignai élait donc à celle date plus que sufti;anl el surabondant, mai, le gage se réalisJil vile. Les Yenlcs connues à la fin de 1701 s'éleYaienl à 003 millivns; el comme 114 districts n'avaient pas encore envoy6 leurs relevés, c'est,, 1,;,QO rnillions qu'il co111·enaild'évaluer dès cette date l'ensemble des ventes faites. Par conséquent il élail certain que d'échéance en échéance les assignats, servant au paiement des domaines acquis, allaient rentrer à la Caisse de l'extraordinaire. Ils y étJienl Lrôlés à mc,ure qu'ils reyenaient, el ainsi le poids de l'émission était énormément allégé. Mais le fonctionnement de ce mécanisme a1ait. quelque cho,c dïncerlain. Le paiement des biens acqui, se faisait par annuités: p,armi lrs acheteurs, les uns se libéraient avant Lerme: les autres profilaient jusqu·au bout des délais accorJés par la loi; en sorte que la rentrée et le brôlement des assignats suivaient une marche irrégulière; el tandis que les émissions nouvelles jetaient les assignats par coups de cent millions ou même de plusieurs centaines de millions sur le marché, c'est d'un mouYêment trainant el inlerJDilleol que les assignais revenaient. Or, plus était grand l'intervalle de temps qui séparait le moment où l'assignat était émis du moment où li
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