774 IIISTOIRE SOCIALISTE sera ses ennemis, ou il ne leur lai~sera, pour fruit de leurs conquMes, que des cl6serls c.l nes cendres. " ... Péndrons-nous du ,cnlimcnl de nos forces; mais cherchons, en même temps, à IPS aswrer, à les nxer, à les clirigrr ... " ... ;>;ousavons une nrmée imposante, lanl en lroupes de ligne qu'en troupes nationale,, mai.< cPttc armtle, j'ose te pl'ldire, ne ,·emplira rfficacemml noire a/lente qu'autanl que sa force et celle de la Nation ne seront q1i'1111ert. que te peuple, bien di,posé, s'unira à elle d'intenlilm et, s'il le faul, d'actio11. " c·csl donc celle force morale du peuple, plus puissante que celle des armées, c'c,l celle opinion g~nérale, si essentielle /.1 l'ordre cl au bonheur clc tou,, que l'Assemblée nalionale ,loil rechercher el dont elle doit, avant toul, s·a,,urer. « Jusqu'à présent, l'on vous a propo,é, comme unique moyen, des aclrcs,cs au peuple. Je ne condamne poinl cc moyen; mais ce n'esl, à mon ,\\ i,, qu'une mesure secondaire, la mi,•nne rst d'un autre genre; fon ve11l ,'clairer le peuple et moi je voudrnis te soula1er; /'011 veut l'allacher à la llévoiutio11par des discours, et moi je voudrais t'y al/ache,· par des lois jus/es et bienfaisantes dont le souvenir, toujours pré,;e11l, 11ecessàl de lui rendre cher,; les tilres et les devoirs de citoyen. « Parmi le gran1l nombre d'occasions qui peuvenl se présenter de faire des lois popu/a,rrs, j'en choisirai une qui ne donnera pas lieu, je pense, à de grandes difficultés. Chacun de nous a vu celle nuil, à jamais mémorable, du 4 août 1789, où l'Assemblée constituante, pure à son aurore, prononça, dans un saint enthousiasme, l'i,uolilion du régi me féodal; elle mérile, ponr ce rnpcrhe décret, les actions de gri\ce du penplr, surtout du peuple cic• campagnes. de ce peuple si précieux el si l011glcmps oublié; e.l si, d'accord a,ec elle-même, l'Assemblée constituante rùl conser\'é religieusement la mémoire de celle loi ,alulaire el en eùl soigneusement mainlenu l'application dans les lois de détail qu'elle fil ensuite, il ne fauclrail songer ù elle que pour l'honorer el lui payr,· un élrrnrl tribul d'admiration el de reconnai~~a11ce. • .liais ces dispositions éclatantes ne présrn/èrent bientôt, pour le peuple, que l'idée d'un beau son1e, dont l'illusion lrompeuse ne lui laissa que des l'C(Jl'els. • Cc fut, comme on vienl de le voir, le 4 aoùl 1789, qu·un décrel, rfçu avec transport dans toules les parties de l'Empire, abolit, indéfiniment, k régime féoclal, el, 8 mois après, un second décrel conserva /out l'11lile de ce même régime, en sorte que, loin d'avoir serl'i le peuple, l'Assemblée constituante ne lui a pas même ménagé l'espoir consolanl de pouvoir s'affranchir un jour, el du despolisme des ci-devant seigneurs, el. des e1aclions. de leurs agents.
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