990 lllSTOIRE SOCIALISTE prix exorbitants ... Il est Lemps de rassurer celle nombreuse parlie de la populalion qui reçoit sa subsi~lance des colonies et qui, à son tour, les a fait longtemps prospérer; il est temps que Saint-Domingue puisse compter sur des expédilions régulières el bien préférables à ces liaisons passagères, tantôt rares, lanlOl fréquentes, qui aujourd'hui procureront une grande abondance et qui dans peu laisseraient la colonie dans la disette. llàtonsnous de circonscrire le commerce étranger dans ses anciennes limites ; faisons, tandis qu'il en est temps encore, cPsser des habitudes qui ne pourraient se prolonger qu'au détriment de la fortune. publique el par la ruine d'une multitude de Français. • En somme, Mathieu Dumas ne parall pas croire que la force produclive de la colonie el sa puissance d'achat soient sérieusement atteintes. li craint surtout que le besoin urgent où Hait Saint-Domingue de grains, d'approvisionnements el de matériaux de construclion n'encourage les étrangers, • Anglais ou Américains, à y apporter leurs produits, el qu'ainsi se créent des habiludes défavorables au commerce franç 1is. L'Assemblée es-aya de parer à ce danger par l'arlicle 12 du décret : • L'Assemblée nationale, désirant venir au secours de la colonie de Saint-Oomingue, met à la disposition du ministre de la marine une somme de six millions pour y faire parvenir des subsistances, des matériaux de construction, des animaux el des instruments aratoires. • Plus lard, le ministre de la marine fut autorisé à prélever ces six millions sur les versements que faisaient les Étals-Unis, qui étaient encore à ce moment débiteurs de la France : el il est curieux de suivre, dans la correspondance du représentant américain, Gouverneur Morris, les négociations sur cel objet. Les ministres français pressaient les Étals-Unis de hâler Je paiement. Morris proposait des combinaisons qui auraient assuré aut ttals-Unis • l'avantage de voir employer de fortes sommes à l'achat d'objelq qui soient les produits de notre pays et l'industrie de ses habitants laborieux•· (21 décembre 1702.) Je crois donc pouvoir conclure que les troubles de Saint-Domingue, s'ils semèrent l'inquiétude et blessèrent gravement quelques inlérêls, ne surfirent pas à arrêter, dans l'année 1702, l'activité économique de la France. Et l'on est moins surpris de conslaler que, dans celle année même, l'essor des manufactures co!ncide avec les désordres des colonies. Il n'y cul pas arrêt des transaclions. Mais un moment, dans le -mois de janvier 1702, les affaires coloniales eurent leur répercussion sur le prix du sucre. Il monta rapidement d'une ' manière extraordinaire, de 30 sous à 3 livres. Il doubla en quelques jours: le peuple de Paris, exaspéré, se souleva, pilla maga~ios el bouliques. Devant la Révolution qui, depuis deut années, semblail ne plus connaitre ce péril, la question des subsistances se posait de nouveau d'une manière algue. La
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