HISTOIRE SOCIALISTE· 005 conclus par les colons, avaicnl pu ou apaiser ou prévenir les soulèvements d'esclaves. Ainsi, de grands essaims de navires continuaient à s'envoler de nos quais vers les lies lointaines, y portant les vins et les draps, les produits de ~'rance, el rapporlanl le sucre el le café. Le journal de Brissot dit formellement, à la date du mercredi, 25 jam icr: « En supposant deux cents sucreries br0lées, ce qui est au-dessus de la vérité, ce ne serait pas un sixième dans le produit ordinaire de SaintDomingue, et observez que si les cases onl été brillées, les cannes à sucre ne l'onr pas été. • Si l'on se défie de l'affirmation de Brissot, qui pouvail chercher à allénuer un désastre donl les modérés el les colons blancs l'accusaient frénétiquement d"êlre le principal auteur, il me semblè bien du moins que le langage des orateurs de tous les partis ne peul lai,ser aucun doute. Dans la grande discussion de mars, les Girondins el les modérés parais,enl J'accord pour reconnaitre que les ravages ont été arrêtés. Guadet dil : • Q11i est-c qui a ar1'1Jtéla l'évolte des esclaves à Saint-Domingue? La 1·é1111io1d1es hommes de coule11rlibres et des colons blancs. ·Qui est-ce qui l'a préi·enue à ta JI art inique? La réunion des hommes de couleur libres et des colons. C'est à celte mes11re, à celltJ mesure unique que toutes les nouvelles officielles de la ,llartinique et de Saint-Domingue attribuent la conservation de ces Iles. • Ces paroles ne soulè\'enl aucune protestation. L'Assembloe savait donc que le désastre avail été enrayé. L'orateur modéré, Mathieu Dumas, trace un lableau très sombre de l'état de Saint-Domingue, mais où il apparait bien que les relations de commerce de la France a\'ec les grandes Iles, sj elles sont quelque peu troublées el comme saccadées, ne sont pas précisément amoindries. li me semble qu'il pressent des périls futurs plutôt qu'il ne constate des dommages immédiats . • Nous parviendrons, je l'espère, à apai•er les troubles de la colonie, mais ils onl eu déjà une influence fatale sur le commerce et sur la navigation nationale. Les étrangers se pressent d'enl'ahir une partie de celui qui élail exclusivemenl réservé à nos ports. Les aùministrateurs et les tribunaux sonl sans force pour s'opposer à ces enlrepr;ses; elles seront de plus en plus colorées du prétexte de porter du secours à ces contrées désolées. Ces liaisons ne seront même plus revêtues des déguisements auxquels l'interlope av"il recours; el tandis que nous sauverons les débris de cette colonie, nous la perdrons de fait, en perdant son commerce. Un sentiment gér.éreux el fr,,. Lerne! anime tous les ports et y multipliera les armements, mais une juste epouvanle frappe nos négociants el nos navjgateurs. Ils portent à la coloniJ des secours que nous devons exciter el encourager par toutes sortes de moyens; mais ils sonl menacés de n'obtenir que de faibles retours et à des
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