074 IIISTOIR,E SOCIALISTE droits poliliques avec les bhncs leurs frères, soul presque tous comme. eut, libres, 1>ropriétaires, contribuables; el plus qu'eux, ils sont les Yéritables appuis de la colonie: ils en forment le tiers-étal si laborieux, el Cfpendant si méprisé par des t\tres si profondément vicieux, inutiles el stupides. Ce, derniers, pour se dispenser d'être justes enver, eux, avaient l'impudence d'annoncer à la France au commencement de la Révolution, qu'il n'y avait pas de Hers-état aux tles, sans doute pour ôter au peuple français ce sentiment de tendresse paternelle qui l'aurait porté vers les hommes uLiles qui essuyaient le même sort que lui dans un autre hémisphère; mais ce n'est pas le moment d'entrer dans ces détails, je me borne ici à analyser les diverses espèces d'hommes qui babilent Saint-Domingue, parce que là vous lrouveEez le Ill qui vous conduira sOremenl à la cause des troubles. « La dernière clas ·e e,l celle des esclaves, classe nombreuse, puisqu'elle se monte à plus de 400.000 /\mes, tandis que les blancs, mul/lLres el nègres libres, forment à peine la sixième partie de celle population. « Je ne m'arrêterai pa.& à vous p~indre le sorl de ces malheureux arrachés à leur liberté, à leur patrie, pour arroser un sol étranger de leurs sueurs el de leur sang, sans aucun espoir, el sous les coups de fouet de mallres bar~ bares. Malgré le double supplice de l'esclavage el de la liberté des autres, l'e2clave de Saint-Domingue a été tranquille jusqu'à ces derniers troubles, même au milieu des \iolentes commotions qui onl -ébranlé nos tles; il a parfois entendu le mol eochanteur de liberté; son cœur s'est ému, car le cœur d'un noir IJal aussi pour la liberté (applamlissemcnts); el cependant il s·esl lu. il a continué de porter les fers pendrnl deux ans el demi, el s'il les a secoué,, c·est à l'instigation d'hommes atroces que vous paniendre:i à COlln,lilre. » « Telles sont les espèces d'hommes qui balJilenl Saint-Domingue; et d'après le tableau rapide que j'en ai tracé, on peul deviner les sentiment, qui ont dû animer chaque classe à la nourelle de la Révolution française. Les colous honnêtes el bous propriétaires ont eu la certitude d'éloigner à jamais le despotisme ministériel, de Le remplacer par un gouvernement colonial et populaire; el ils ont aimé la Révolution. Les hommes de couleur y ont trouvé l'espoir d'anéaotir le préjugé qui les tenait dans l'opprobre, de ressusciter leurs droits; et ils ont aimé la Révolution. Les colons dissipaleurs qui jusque-là avaieol rampé dans l'antichambre des intendant~, gouverneurs ou ministres, ont vu avec délices le moment de leur humiliation; el pour leur rendre leur mépris el leur insolence, ils ont prôné la liberté, comme ces vrais caméléons en politique, que nous avons vus successivement valets de la cour, valets du peuple, qui ont pris, quitté, repris les sigoes de la servitude eL la cocarde nationale. (Applaudissements.) Les colons ont reuversé lea milli91.res du despotisme, parce que comme les nobles de France ils o.ol eapéré a'y associer seuls. •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==