HISTOIRE SOCIAl,ISTE 073 garants qu'ils pourront impunément opprimer, sans être eux-mêmes opprim6s par les ministres. « La cause des hommes de couleur est donc la cause des patriotes, de !"ancien tiers-état, uu peuple enfin si longtemps opprimé. « Ici, je dois vous prévenir, Messieurs, que lorsque je vous peindrai ces colons qui depuis trois ans emploient les manœuvres les plus criminelles pour rompre les liens qui les attachent à la mère patrie, pour écraser les gens de couleur, je n'entends parler que de cette classe de colons indigents malgré leurs immenses propriétés, factieux malgré leur indigence, orgueilleux malgré leur profonde ineptie, audacieux malgré leur lâcheté, factieux sans moyen de l'être, ces colons enfin que leurs vices et leurs dettes portent sans cesse aux troubles et qui depui, trois ans ont dirig6 les diverses assemblées coloniales vers une aristocratie indépendante. Voulez-vous les juger en un clin d'œil? Méditez ce mot de l'un deux, qui le disait pour flagorner le monarque alors puissant: « Sire, votre cour est toute créole. » Il avait raison, il y avait entre eux parenté de vices, d'aristocratie et de despotisme. (Applaudissemenls.) • Cette espèce d'hommes a le plus grand empire sur une autre classe non moins dangereuse, celle appelée « les petils blancs », composée d"aventuriers, d'hommes sans principes, et presque tous sans mœurs. Celle classe est le vrai fléau des colonies, parce qu'elle ne se recrute que de la lie de l'Europe. Cette classe voit avecjalousie les hommes de couleur, soit les artisan$ parce que ceux-ci travaillant mieux et à meilleur marché, sont plus recherchés; soit les propriétaires, parce que leurs richesses excitent leur envie et abaissent leur orgueil. Cèlte classe ne soupire qu'après les troubles, parce qu'elle aime le pillage; qu'après l'indépendance, parce que maitres de la colonie, les petits blancs es~èrenl se partager les dépouilles des hommes de couleur. u Les petits blancs remplissent principalement les villes habitées par une autre cla,se d'hommes plus respectable, celle des négociants et commissionnaires attachés par leurs intérêts à la France, attachés à la cau,e des hommes de couleur, parce qu"ils y voient une augmentation de consommation et de prospérité. « Quels sont donc enfin ces hommea de couleur dont les gémissements sc font entendre depuis si longtemps dans la France? Ce ne sont pas, )fessieurs (et il imporle de le répéter souvent pour écarte~ les insinuations perfides des colons), ce ne sont pas des noirs esclaves; ce sont des hommes qui doivent médiatement ou immédiatement leursjoursau sang européen, mêlé avec du sang africain. Nefrémissez-vous pas, Messieurs, en pensant à l'atrocité du blanc qui veut avilir un mulâtre? C'est son sang qu'il avilit; c·estle front de son fils même qu'il marque du sceau de l'ignominie; c'est pour frapper son fils, qu'il emprunte le glaive de la loi, ou qu'il veut le rendre infâme. • « Observez encore que les hommes de couleur qui réclament l'égalité des
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