972 HISTOIRE SOCIALISTE mettent de l'ordre dans leurs atfaires. 11en est un plus grand nombre qui doivent beaucoup, parce quïl y a un grand désordre dans leurs acraires. • Les premiers aiment la France, sont attachés et soumis à ses lois, parce qu'ils sentent le besoin qu'ils ont de sa protection pour conserver leurs propriétés et l'ordre. Ces premiers colons aiment et souliennent les hommes de couleur, parce quïls les regardent comme les vrais boulevards de la colonie, comme les hommes les plus propres à arrêter les révoltes des noirs. Du nombre de ces colons respectables était M. Gérard, député de la précédente A,semblée. JI ne cessait de tempérer la fougue de ses collègues, qui ne volaient que pour des moyens violents, parce que ces moyens leur paraissaient très propres à créer des troubles nécessaires à leur existence fastueuse et insolvable. « Les colons dissipateurs écrasés de dettes, n'aiment ni les lois françaises ni les hommes de couleur, et voici pourquoi: ils sentent bien qu'un Etat libre ne peut subsister sans bonnes lois et sans le respect dCl à ses engagements; ainsi, tôt ou tard ils seront contraints par les mêmes lois à payer leurs dettes; ils y seront bien plus rigoureusement contraints que sous Je despotisme, parce que le despotisme se laisse capter par ses flatteurs aristocrates et leur accorde des lettres de répit, des arrêts de surséance et empêche la loi des saisies de s'exécuter. Mais la liberté ne connait ni lettres de répit, ni arrêts de surséance. Elle dit et dira bientôt à chacun dans les lies: Si tu dois, paye ou quitte tes propriétés à ton créancier. • « D'un autre côté, les colons prodigues, endettés, n'aiment pas mieux les citoyens de couleur que les noirs, parce qu'ils prévoient bien que ces hommes de couleur presque tous exempts de dettes et réguliers dans leurs aCfaires, seront toujours portés à défendre les lois et que leur courage, leur nombre et leur zèle peuvent seuls, et même sans le concours des troupes européennes, garantir l'exécution des lois. » " Un autre motif anime les colons blancs dissipateurs contre les hommes de couleur: c'est le vréjugé d'avilissement auquel ils les ont condamnés et que ceux-ci veulent secouer enfin. Ils leur font un crime de leur amour pour l'égalité; et tandis qu'ils tonnent contre le despotisme ministériel, ils veulent sanctifier et faire sanctiller par une assemblée d'hommes libres le despotisme de la peau blanche .. ., • « C'est par là qu'on explique tout à la fois dans le cœur du même colon sa haine contre l'homme de couleur qui réclame ses droits, contre le négociant qui réclame sa créance, contre le gouvernement libre qui veut que justice soit faite à tous. • " Aussi, Messieurs, devez-vous ·regarder les ennemis dP,ces hommes de couleur comme les plus violents ennemis de notre Constitution. Ils la détestent parce qu'ils y voient l'ant\anlissement de l'orgueil et des préjugés; ils regrettent, ils ramèneraient l'ancien état de choses, s'ils y voyaient des
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