HISTOIRE SOCIALISTE 963 el consume leurs possessions, el pour celle action il est promu au généralat. • J'arrête ici le récit de ces violences, de ces sauvageries, el n'essaierai point d'6piloguer. A vrai dire le nègre dont il est parlé en dernier lieu, qui quoique personnellement libéré prend par li pour ses frères esclal'es el va jusqu'à briller l'atelier dont le maître avait fait don à sa mère, parait une 1\me assez Corte el grande. Mais il est certain que les esclaves noirs soulevés, portant dans leursangafricain des bestialités ardentes, portant dans leur cœur ulcéré les ferments aigris des vieilles douleurs el des vieilles haines furent plus d'une fois atroces el rafflnèren t la cruauté jusqu'à l'invraisemblance. i\lais la question qui se posait était celle-ci: Comment, tranquilles naguère, avaient-ils élé ainsi excités à la révolte? El la faute n'en était-elle point à ceux qui ne comp1·irenl pas que la Révolution de la France dernit se traduire aux colonies par de loyales réformes? Tout cet étalage de lubricité et de sang ne signifie donc rien, el la conclusion de l'orateur sur ce point est tout à fait arbilraire et vaine. • Pour vous le dire en un mol, si les projets sanguinaires de ces hommes grossiers cl féroces se réalisaient à l'égard des blancs, s'ils parvenaient à faire disparaitre la race blanche de la colonie, on verrait bientôt Saint-Domingue o[rir le tableau de toutes les atrocités de l'ACrique. Asserl'is à des mallres absolus, déchirés par les guerres les plus cruelles, ils réduiraient en servitude les prisonniers qu'ils se seraient faits, et l'escla,age modéré sous lequel ils vivent parmi nous se changerait en un esclarnge aggravé par tous les raffinements de la barbarie. » Mais en vérité il ne s'agissait point de cela. li ne s'agissait point d'e.tterminer les blancs et d'abandonner Ille au>. seuls esclaves noirs se reconslituanl en lrihus africaines el s·asserYissant ou se dévorant les uns les autres. Il ne s'agissait point de choisir entre l'esclavage • modéré • que les blancs concédaient aux noirs et l'esclavage féroce, meurtrier, que les noirs anthropophages se seraient infligé les uns aux autres. Les plus hardis, comme Marat, avaient demandé simplement que les hommes de couleur libres, les mulâtres propriétaires, fussent admis à l'égalité des droils politiques, que par leur accord, ainsi réalisé dans l'égalité, l'ordre ftll maintenu el qu'un aITranchissemenl graduel et prudent des esclaves débarrassât peu à peu la France de cette monstruosité, sans ébranler les bases de la vie économique coloniale. Yoilà ce qu'avaient demandé jusqu'à ce moment les pins audacieux, et il etait assez puéril d'opposer à ces vœux le fantastique tableau d'une tle en sauvagerie où des démons noirs ayant promené partout leurs torches infernales auraient exterminé jusqu'au dernier des blancs. li y a une grossière enluminure, à la fois puérile et violente, dans cet exposé créole. Mais voici une étrange idylle où l'Ame esclavagiste fépanouil tout entière a,•ec une tranquille beau té.
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