Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

001 HISTOIRE SOCIALISTE ,, Nous vivions en puix, .lfessieurs, ,w milieu de nos esclaves. Un gouver11rme11tpaternel avait adouci depuis des a1111éesl'état des 11r.gres,et nous 1Jso11.d,ire que des millions d'Europüns que tous les besoins a<sil-gent, que toutes les misères poursuivent, 1·rc11eillent111oi11dse doucrw·s que ceux qu'on l'OUS peignait et qu'on peignait au monde e11tiPrcomme chargés de cltai11es, e-cpira11tdans u11 long supplice. La situation des noirs en Afrique, sans propriétés, sans existence politique, sans existence civile, i11cessam111entles jouets dPS fureurs imbéciles des l!frans qui partagent celle vaste et barbare co11trée, e,t cltall()ée dans nos colonirs en une conditio11 supportable et dù!lle. lis 11'm•1iirntrien perdu, car la liberté dont ,t, ne jouissaieni pas n'e.<tpas encore 1111e plante qui ait porté des fruits dans leur terrr w1tale; et quoi qu'en ,,ufor dire l'esprit de parti, qurlque, fictirms qu'on puisse i11ve11ter,011ne per- ,uw{i•ra jamllis aux lwmmrs i11,truil< q1œ lrs 1le()re1 d'Afrique jouissent 1/'111w conrlitit.111libre. Le dernier drs voyageurs qui ont ci.<ité u11eparti,, presqur incomme j1N111'à pl'é,e11t dr crt itnmrmr P"!J', 11'aécrit dans .<0110119et intéressant 1·01/"'fl' qu'u11e lti.,tùire de sa119 et tle fureur. Les lto1111111q•usi lwbite11t l'.lby,sinie, la .V11bir, les Ga/lai u lrs Fo119et, drp11is les bords de l'Océa,1 Jnd11•1j1usqu ·a11.Jf:rontilre, tir l'Hgyptr, .\emhfrnt disp11ter de barbarie et d, /iront,' aux ltyi:nes et a11x ti:1r1•sr111ela nature y a fait naitre. L'esclavage y r.11un titre d'lto1111r11e1t· la t·ir, dans rr terf'il){p climat, r,t 1111 bien qu'1111rn11e loi 11r11,·otè(Jeet qu'un de,poU sa11g11i1111i,t·irPIII dam ,es mains. • Qu'1111!tomme sensible et instruit co111p11rrle rliplrm1ble t't//1 des /,01111111·1 en .lfrique avrc la condition douce et 11wtli!r1'rdont il, jù11i,;e111 t/1111< nùs colonie,; qu'il écart, lrs tlr'clamations, Ir, tnhl1•a11J11u'1111fe11ussr pl1i/u,op/11e ,e plflit à trai:r,· bir,i plus pv111· .1 'nr,,11/nr 11111,,m qur pour ,.,,111,rrl'i, umanit,;; qu'il se rapprllr le rt'9i111equi r1011rrm,1it 110., 111:rve.,. a,•11,1/q11·u11les eilt /garé.<, re11dus nos rm,e111i.,; à /'11britir /<J11., Ir, be.,oim de la rie, entourés d'une ai<ancr 111comwr r/am la plttpw·t dts catll/){l!J11es d'L'urope, ccrtaim de la jouissance de leur propr11•té cr,r ils en ai:aimt une 1•t tll, t'tait sacrée,) soig11és dans leurs maladies avec un, tllpl'l1>e et w,, a//r11tio11qu'o11 chercherait vainement dam le, !,upitau.i: si v1111té.d1e l'Angleterre; prot11 9és, respectés dans les i11fir111itésde l'û!Je; m paix at•ec leurs enfant,, lrur famille, leurs affections; assujellis à 1111 travail calculé sur les forces de chaque i>1dfoid11,parce qu·o,1 classait les i11dit•itl11set les travaux, 1•tque ti11térèt, au défaut de l'humanité, aurait prr,crit de s'occuper de la consrrl'ation des flommrs; al/ ra11cltisquand ils arnient rendu quelques serütes importanls : tel était le tableau t•rai et 11011e1,1belli du gorwe~ment de nos 11è9res, et ce 9ouvernement dome,tiq11e se perfectiomiait depuis dix ans surtolll, avec une reclterclte dont vous ne trouverez aucun modt!le en Europe. • L'attachemmt le plus sincère liait le mailre el les esclaves; now dor-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==