962 Jl lSTOlRE SOC!A LISTE races cl l'esclavage môme; la conlradiclion était cruelle, el Merlir! y appuyail sans ménagement. L'.\ssemblée troublée el irritée le huait; mais elle n'osail pas prendre parti, el ajournait. Cependant Brissot, qui s'était ressaisi el qui avail reçu des documents, pressait l'Assemblée dïnstituer un grand débat rl'ensemble sur la situation des colonies. Le comité colonial où dominaient ks amis des colons ne semblait pas se bâter d'apporter son rapport; peut-Mre le dépouillement d'un très volumineux dossier élail-il long. Peut-être aussi les modérés redoutaient-ils une discussion, où, de nouveau, des paroles de justice el de liherté relenliraienl, que le vent de la Rt\volution, qui ne défaillait point aux grands espaces, porterait jusqu'aux Antilles. Pourtant Brissot avait annoncé que lei" décembre, môme si le Comité colonial n'était pas prêt, il ouvrirait, lui, le débal. li ful oti1•erten effet. Déjà le 30 novembre, les députés de l'Assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue avaient été admis à la barre, el l'an d'eux, Millet, avail exppsé la thèse des colons blanc;. C'est un , iolent man if esle contre les démocrates, contre la Société des amis des noirs, contre Brissot, conIre l'abbé Grégoire; c'est la théorie de l'esclavage formulée par les propriétaires blancs des tics; el comme je ne citerai pas d'autre documenl dans le m,'me sens, je ferai à celui-ci des emprunts assez étendus. L·orateur s'applique d'abord à émouvoir la sensibilité de l'Assemblée par le tableau des attentats terribles des nègres: ... • Dans le même moment, l'atelier Flaville, celui-là même qui avait juré ftdélilé au procureur, s'arme, se révol~, entre dans les appartements des blancs, en massacre cinq attachés à l'habilation. La femme du procureur demande à genoux la ,•ie de son mari; les nègres sont inexorables; ils as,assinent l'époux en disant à J'épouse infortunée qu'elle et ses filles s0nt destinées à leur, plaisirs. • )1. Robert, charpentier, employé sur la même habita lion, est saisi par ses nègres, qui le garottenl entre deux planche;; et le scient avec lenteur. lln jeu11ehomme de seize aus blessé dans deux endroits, échappe à la fureur de ces cannibales, et c'est de lui que nous tenons ces faits. « Là les torches succèdent aux poignards; on met le feu aux cannes de l'habitation; les bâlimenls suivent de près ... Un colon est égorgé par celui de ses nègres qu'il avail comblé de bienfaits; son épouse, jetée sur son cadaHe est forcée d'assouvir la brutalité de ce scéléral. .. « M. Potier, habitant du port Margot, arnil appris à lire el à écrire à son ni'gre commandeur; il lui avait donné la liberté dont il jouissait; il lui avait légué 10,000 livres qu'on allait lui payer; il avait donné pareillement à la mère de ce nègre une portion de terre sur laquelle elle recue!Ilait du café; le monstre soulève l'atelier de son bienfaiteur el celui de sa mère, embrase
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