Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

HISTOIRE SOCIALISTE 923 force el que les puissances le désirent ainsi. Il en convint. Cependant, à moins d'être toujours encouragé, je ne suis pas st'lr qu"il ne soit tenté de négocier a,n les rebelles. Ensuite il me dit: • Ah t ça, nous somm•s entre nous el « nous pouvor.s parler. Je sais qu'on me taxe de faiblesse el cl'irrésolulion, • mais personne ne s·e,l jamais trouvé dans ma rosilion. Je sais qur j'ai • manqué le moment, c'était le i4 juillet; il fallait s·~n aller. etje le voulais; « mais comment faire quand ~lonsieur lui-même me priait de ne pas partir, • el que le maréchal de Broglie, qui commandait, me répondait : - Oui, • nous pouvons aller à )lctz, mais que ferons-nous quand nous r serons?- • J'Ji manqué le moment, el depuis je ne l'ai pas retrouvé. J'ai été abanclo11né • de tout le monde. » JI me pria de prévenir les puissance, qu"ellcs ne de- ,·aient pas être Honnée~ de tout ce qu'il était obligé de faire, quïl y était obligé et que c'était l'cllet de la contrainte. • JI faut, dit-il, qu'on me metle « tout à !ail de côté el qu'on me laisse faire. • Quel dé;;arroi I quelle chute I Je ne parle pas de ce projet puéril d'aller à tra,ers bois à la rencontre de l'avanl-garfle étrangèro pour se faire enlever. Mais comment ce roi, qui recounall lui-môme qu'il ne peut pas recouvrer tonte ,on autorité anciPnne, el que par con,é1ucnt h Ré\'olution él iil int'vilahle, comment s'ob,line-t-il à la comballro encore? Et surtout comment le roi des Français a-1-il a•scz perdu le sens de la Fronce pour croire qu'elle aura peur à la prcmi~ro démarche de l'ennemi, et que, tremblante, elle se réfugiera aupr~s de lui? Quoi, cc peuple, qui si somPnl dans son histoire tourmentée se redressa du fond des abimes p·1r un magnifique courage, va se prosterner maintenant au, pieds de l'envahi-seur? Yoilà la Yéritable aMkalion du roi. Voilà la véritable décht'ance. li ne sait plus ce qu'est la nation dont il est le chef. Fersen repartit pour Bruxelles le 23 février. Cependant l'empereur finissait par arrêter un plan de concert arec la Prusse, mais combien incertain encore I I: semble bien qu'il s'était Mcidé à unP intervention dan, les a!faires intérieures de la ~-rance, c·esl-à-dire à la guerre. Car, scion le, co111cnlion, fh~e;; entre l'Autriche el la Pru•se, Mercy écrit à la reine, le 10 février : • i' Les puissance;; étrangère,. en s'ab;;lenanl de rien prescrire sur lo mode ·(de l'autorité royale) n'en sont pas mo/ns autorisées à exiger qu'il en existe un convenable. • 2- Que la France fasse cesser ses démonstrations hostiles contra l'Allemagne en écartant les trois armées de cinquante mille hommes chacune, ouvertement annoncées pour agir brutalement. • s• Que les princes possef~ionnés en Alsace, el aussi injustement que violtmment dépouillés de ce que leur garantissent les traités les plus solennels soient rétablis dons lïntégritf de leurs droits el possessions. • ,.. Qu'Avignon et le comtal Venaissin soient restitués au pape.

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