J!ISTOf[lE SOCIALIS'rE 909 du tout l'existence d'une ligue offensive. Et puis, celle prélenlion d'enfermer dans un dilemme la réalité mouvante et n,ulliple du monde élail odieusement ridicule. La vérité est que n:mpereur était pris entre des forces très divergentes el des exigences très opposées. Il souffrait des périls de sa sœur, mais il ne voulait pas déclarer la guerre à l'aventure. Ses ,enliments fraternels, le point d'honneur monarchique lui conseillaient dïnle, venir, mais son inlérèt politique lui conseillait l'abstention. El il manœuHail pour concilier ces né~essités contraires. 11 pouvait donc dépendre de la France elle-môme et de l'Assemblée que l'esprit de Léopold inclinât enfin crun côté plulôl que de l'aulrcJ; el la rouerie pédantesque et plate de Brissot cnrern,ant dans les branches grêles d'un dilemme la formidable question de la paix ou ùe la guerre et l'avenir même de J1111manil6libre apparall, dans celle note, d'une façon bien déplaisante. En fait, dans tout le d~bal, une seule parole vraie el profonde avait été dite, c·esl celle de Vergniaud, signalant l'étal d'anxiété, d·angoisse qui poussait le pays à brusquer une décision, il fallait obliger la maladie« à se déclarer». Mais nul, dans l'Assemblée, n'avait eu le courage de dire : Cette angoisse, d·où nous vient-elle? Est-ce du dehors ou du dedans? En fail, ce sont les rapports de la Hévolulion et de la Hoyaulé lraHresse, sournoise, paralysante, qui auraient dù être abordés. La Législative a fui le problème terrible : elle s'est réfugiée dans la guerre immense, comme un homme obsédé se réfugie dans la tempête pour étourdir un souci qu'il ne peul chas.cr, pour calmer rénervemenl ct·un doute imoluble. El le médiùcrc ~léphistophélè, de la Gironde a guellé celle heure de lassi lude in lime de la Hé10lution pour lui faire conclure un pacte de guerre. Au moment où j'écris le monde enlier est encore lié par cc pacte. Quand donc l'humanité socialiste le brisera-l-clle? JI est tcllcmenl fort cl il a si étroitement lié, depuis plus d'un siècle, les consciences cl les cs1>rils, que même les plus hauts penseurs, même ceux qui ont un grand cœur vaciliquc Cl fralcroel ne semblent pas concevoir que la Révolution ait pu Nrc séparée de la guerre. En celle même féance du 17 janvier, Condorcet, n'essayant même pas d'appuyer 0Jverhoull et de s'opposer aux démarches irréparables, s'ingénie seulement à épurer la guerre de lc,ute pensée trop grossière de conquête, et à la restreindre. Il croit qu'une diplomatie franchement révolutionnaire pourrait aisément nouer des alliances, surtout avec l'Angleterre, el il demande que le pouvoir exécutif renouvelle tout son personnel de représentants au dehors. Plus tard, le noble el doux communiste Cabet, écrivant, en 1832, un chapitre sur la RéYolulion française, ne se pose même pas le problème. JI ne semble pas soupçonner qu·une autre polilique filt possible que celle
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