908 HISTGIRE SOCIALISTE cinq cenl mille bayonnelles à Jeurs ordres resteronl unis el seronl forls de l'alliance de loules les aulres puissances quand la guerre sera injusle de volre parl el qu'elle ne sera pas nécessilée aux yeux de tous les peuples par la conduite de ces mêmes puissances. • L'on vous a donné l'exemple de l'Anglelerre, mais l'on ne vous a pas dil que, supérieure sur mer à loules les autres· puissances, elle n'avait rien à craindre pour elle-même par sa posilion. L'on vous a cité Charles XII, mais l'on vous a passé Pullawa sous silence. « Jlfessieurs, soyons vrais ; les amis de la liberté voudraient venir a11 seco11rsde la philosopliie outi·aqée par la tique des princes, ils voudraient appeler tous les peuples à celte liberté, et propaqer une sainte insurrection; voilà le véritable motif des démarches inconsidérées qu'on vous propose. Mais deve;-vous laisser à la philosophie elle-même le soin d'éclairer l'univers, pour fonder, par des proqrès plus lents mais plus sûrs, le bonheur du qenre humain et l'alliance frnterneUe de tous lespeuples? ou bien devez-vous, pour hâter ceseffets, ,·isquer la perte de votre liberté et celle du qenre humain, en proclamant les d,·oits de l'homme au milieu du carnaqe et de la destruction? • Celle enlreprise ne sera noble, grande, digne de vous, que lorsque, pro,·oqués à une guerre devenue juste et nécessaire, l'attaque sera le seul moyen de défense, lorsqu'en vous consliluant en état de guerre etîeclive, vous pourrez prouver à l'univers enlier, qui ,ous contemple, el à la France, qui vous a confié ses plus chers inlé1·êts, que c'esl pour mainlenir sa Constitution, dont vous êtes les gardiens, que vous allez confier son sorl et le sang de vos frères au hasard des combats. • Laissons donc à la philo,ophie le soin d'éclairer l'uni l'ers et si l'aveuglement de celle ligue des princes devance l'heure qui a été marquée de toule éternité pour fonder le seul empire durable, celui de la raison, plaignons Je sorl de l'humanité soulîrante, qui alors ne verrait luire ces beaux jours qu'après un orage aussi terrible. » Le discours de Daverhoull porta, el Brissot se crut obligé de lui répondre par une note du Pall'iote Français (26 janvier). « M. Daverhoull a rejeté mon projet, parce que, dil-il, il porle sur une fau,se hypothèse de ligue entre diverses puissances contre la France. Je réponds : 1• que ce n'est point une hypothèse, que la ligue est prouvée par les ditîérents actes que j'ai rapportés. « 2' Je dis que mon système roule sur ce dilemme: ou !'Empereur veut nous attaquer ou il ne veut que nous ettrayer : dans le premier cas il faut Je prévenir; dans le second, le forcer à reculer. « Ni M. Daverhoull ni les orateurs qui m'onl attaqué n'ont répondu à ce dilemme.» La réplique de Brissol était pitoyable. D'abord il n'avaitpas démontré
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