910 HISTOIHE SOCIALISTE des Feuillants, royaliste et pacifique, ou celle des Giroadins, révolutionnaire et belliqueuse. • Cependant les patriotes, qui reçoivent chaque jour des avertissements el que mille apparences inquiètent et elfraient, se demandent sana cesse: Mais le roi 11e nous trahit-il pas? L'étran9er n'a-t-il pas rt!solu la guerre? « Les constituants et les modérés, réunis dans le club des t'euillan(s (doctrinaires el juste-milieu d'alors), voulant concentrer tout le pouvoir dans la bourgeoisie, redoutant le (>f'Upleproprement dit, croieol ou feignent de croire à la sincérité de Louis XVI, ou du moins se flattent que la douceur el les concessions vaincront enfin ses répugnances pour la Révolution; ils prétendent que les rois crai(Jnml la France bienplus qu'elle ne doit les crai11dl"e elle-mèl,ie; que c·e,t 1wu,- eux surtout 'fil~ la paix est un besoi1timpérieu.r; que leurs menaces ne sont que des fu11/arumiades; que leurs préparatifs sont purement dércn:1ifs; quïl faut é,iter luules les me.ures qui pourraient les inquiéter; el qu·on é,·itera la guerre si la Ré,olution est sage. L<>ur devise est lé(Jalilé, constitulio11,confiance, modération el paix. • Louis XVI choisit ses ministres parmi eu,, mais il consplre avec ceux qui veulenL se rendre ses complices cl trompe les autres; il leur caehe ses correspondances particulières, les résJluLion, bo,tiles des élrangers, leors préparalirs d'attaque et même leur marche ve rs nos frontières. « n·un antre côté, il invoque sans cesse une constitution qui lui donneassez de pouvoir pour quïl pui~se trouver moyen de la renverser ... • Les autres, en beaucoup plus grand nombre, parmi lesquels se trtmvenl les fameux Girondins, le duc d"O,·léans et son fils, réunis dans le club ,irs Jacobins, sont conl'aincus que Louis XVI ne se résignera jamais à la diminution de wn ancienne autorité; quïl conspire contre la Comtitution; qu"il s'entend avec l'émigration eL avec !"étranger; que l'intérM des rois r,t d'étouffer la Révolution; qu'ils veulent non seulement rétablir Je pouvoir absolu, mais suri out démembrer le royaume; que leurs prépara tirs ~r,nt hostiles ; que la guerre est iné,itable ; que le danger est imminent l'l pressant; enfin, que le salut r,ublic exige qu·oo se prépare â la guerre, cl qu'on tasse expliquer calégori1ruemenl les gou,ernemenls étranger, ,ur leurs inteoLioos el leurs projets. • Ce tableau tracé par Cabet serait admirable en sa hrièl'elé si, à propo~ de la question de la guerre, il n'y avait quelques traits inexacts et brouillé~, et aussi une singulière lacune. Ce ne sont pas les modérés tout d'abord, ce ne sont pas les Feuilla.nt;; qui ont voulu persuader au pays que les sou,erains étrangers veulent la paix, cl ont peur de la France. C'est la Gironde, c'est Brissot. Et c'est Brissot aussi qui combat la « déllance •· li n'est pas vrai non plus que les modérés se soient roua et systématiquement opposés Il la guerre, à tonte guerre. Sous l'lnsptrat.Mln de ~
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