Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

HISTOlllE SOCIALISTB 007 les amis de Bris,otqui • paraissent redouter que des démarches satisfaisantes, que des actes sincères, qu'une paix solide ne leur enlèvent leur chimère •· • JI ne faut pas, ajoule-t-il, que le peuple abusé voie dans ce vœu terrible une mesure de patriotisme; son courage n'a pas besoin d'btre excité; vouloir ou ne vouloir pas la guerre, sont deux choses également absurdes; il faut la faire si pour le maintien de la Constitution elle est inévitable; mais il ne faut pas la rendre inévitable pour la faire.• Mais que pouvait ce calme langage? Danrhoull, qui avait poussé, comme nous l'avons vu, anx premières démarches vigoureuses contre les émigrés et les électeurs et qui avait ainsi ouvert les voies de la guerre générale, s'elTraie maintenarrl des vastes plans belliqueux de la Gironde et il les déoonœ a~ec force et précision. « Si ,tonc j'ai prouvé que celle ligue des piinccs n'est que défensive, qu'il dépend de nous seuls de déjouer par no, opérations intérieures les desseins de ceux qui voudraient modifier notre constitution dans un congrè,, sÏI n'est pas moins prnuvé que tous les princes ont be;oin de lapai,, et déjà ils vous en ont donné la preuve en dispersant les attroupements qui portaient atteinte à votre tranquillité intérieure, que deviennent alors les phrnses de ceux qui voudraient .oas· exciter à raire une guerre injuste? « Ce n'est pas de\anl vous, et dans une di•cussioa où il s'agit da salut de la chose publique que je sais composer a.ec la vérité. • L'on vous induit en erreur lorsque, bâtissant sur des hypothèses el en vous circonvenant de vaines terreur,, l'on Ieut vous engager à attaquer !'Empereur pour forcer celle ligue de princes [1 prendre le caractère olîensif; car, la déclaration que le traité de 1756 est rompu et la satisfaction qu·on demande équivalent à une déclaration de guerre. C'est donc par une misérable équivoque qu'on a opposé, dans celle tribune, la dignité de la nation française à celle d'un seul homme couronné. Tant que les nation; nos voisines n'auront pas changé leur gouvernement, l'homme qui es! à leur tête est leur représentant de fait, el sa dignité de~ïent la dignité nationale. « Je ne vous répéterai pas que le traité avec l'Autriche vous est onéreux, toute la Prance le sait : il est inutile d'en donner des preuves, et ce n'e.l tas ici qu'on doit débiter cles lieux communs; mais ce qui est digne de votre attP.ntion, c'est d'examiner si c'est dans l'instanl où vous n'avez aucun autre allié, où Ioules les liaisons entre les di[férentes cours sont formées, que mus clerez, non seulement rompre cc traité, mais forcer Léopold à la guerre, sur l'espoir douteux que d'autres puissances formeront des traités avec vous. • Est-ce d'après des données aussi incertaines que nous devons agir, messieurs, lorsqu'il s'agit du salut public? et, s'il m'est permis de me servie d'une phrase au,si triviale, est-ce en !Jàlissant dej châteaux en Espagne que nous défendrons la liberté et la constitution française? .. 1'e VOU! le dissimulez: pa~, l'Empereul' et la Prasse qui, seuls, ont

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