li ISTOIR E SûCL\ LISTE 801 persuadanl qu'elles veulenL la paix ; de m~me, il se prépare à rompiNrr la Ré\'olulion gràcc à la trahison roi·alc manifesl(·e dans la guerrr, mai• il se garde bien d'annoncer comme inévitable cette trahison. Ainsi, il flotte ou parall flotter d'une conception à une autre, de la guerre avec la Cour à la guerre contre la Cour. li ne veut pas ou n'ose pas choisir, et Robespierre profite de celte incertitude, de cel embarras, pour le transformer en un allif, en un complai•anl de la Cour. La tactique était habile, mais elle ne répondait pas à la grandeur du problème el à la gr~ndeur du péril. Robespierre se trompait el rapefüsait le débat quand il disail que la guerre nrni: élé \'Oulue, préparée, machinée, par la famille royale. C'est, au contrrure, d'une parlie de la nation que venaient les impulsions belliqueuses, el la Cour entrait dans le mouvement une fois créé, pour le conduire, le fausser el l'e1ploiter. Robespierre aurait rté bien plus fort s'il avait dil toute la ,érM. ~lais. peul-être ne la rnyail-il p~s. li u'arnil pas le sens de ces vastes mouvements confus, de ces impatiences inslinclives, de ce besoin d'aclion brutale el immédiate qui •aisissent parfois une nation énervée par l'attente, l'incerlilude el le péril. Sïl arnil ,·u clair, si la petite intrigue de la Cour ne lui avait pas caché l'elfervesccnce nationale, il aurait dil à Brissot: • Oui, la nation commence à perdre patience el elle va vers la guerre pour déployer sa force, pour en prendre conscience, pour arculer Lous ses ennemis masqués à jeter leur masque. Mais il reste à la Cour as•ez de puissance pour égarer le mouvement. Oui, il se peut, même si la Cour trahit, que la force révolutionnaire puisse Lrave~er celle période de trahison; mais au prix de quelles épreuves! el que signifie surloul celle diversion? Concevezvous vraiment la guerre comme un purgatif n~cessaire pour la Révolution? et si vraimenL elle ne peut trouver dans sa sagesse, dans son amour de la liberlé, la force nécessaire pour éliminer la contre-rérnlulion, n'y a-t-il pas danger à jeter dans les aventures guerrières une nation aussi peu assurée de sa propre conscience! • Là élait le ,érilable problème. La guer~e est-elle vraiment nécessaire à la Ré\'olution? La guerre est-elle vraiment commandée par noire politique intérieure? El j'ose dire que, dans leurs conclusions opposées, Brissot et Robespierre commirent tous deux la même faute. Tous deux, ils manquèrent de foi en la R6volulion. Oui, malgré ses apparence~ d'audace, malgré ses téméraires paradoxes sur la trahison, Brissot n'avait pas une sufll•ante confiance en la RévoIulion, puisqu'il pensait que la guerre Hait une conrulsion nécessaire, d1~ons le mot, un • vomitif n6cessaire •, pour que l'organisme de la Hévolulion rejelàL les élémenl.3 malades qu'il contenait. EL J\nbespierre aussi n'avait pas 8S9eZ de foi en la Révolution, puisqu'il n'affirmait pas la possiMiité d'une
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