Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

7()2 HISTOlHE SOCIALlSTE grondait. Pour que l'Assemblée départementale où dominaient les influences bourgeoises entre tians celte voie, il faut qu'elle soit en elîel vigoureusement poussée par les municipalités rurales et par les assemblées d'électeurs de campague. Déjà, dans les cahiers de 1789, les l'ives réclamalions des paysans avaient été atténuées par les bourgeois des villes. Il est probable de même, aujourd'hui, que les directoires bourgeois du département donnent la forme la plus modérée aux revendications énergiques qui se produisaient dans les municipalités de village. Les administrateurs du district de Pau protestèrent dans le même sens à la date clu 15 novembre 1790: ~ La faculté de rachat accordée aux propriétaires cle fiers et ronds casuels est absolument illusoire par le taux excessif cle rachat des droits ;asuels el éventuels qu'on est tenu de racheter conjointement al'ec les liroits fixes; qu'ainsi les traces du régime féodal deviennent ine!Taçables; que la Nation ne doit pas espérer de voir effectuer le rachat des droits dépendant des biens domaniaux et ecclésiastiques à sa disposition, de trouver dans les capitaux qui pourraient en provenir un secours pour la liquidation de la delle de l'Etat; enfin qu'elle est grevée par l'excès des remboursements dont elle s'est chargée envers les ci-devant seigneurs parl'alfranchissemenl des domaines nationaux qu'elle a mis en vente; de sorte qu'il est aus,i important pour la nation que pour les propriétaires de fiefs el fonds casuels que le Lauxde rachat des droits casuels et éventu•ls soit modéré. • Les adminislmteurs de Pau e,sai~nl en cette question de lier l'intérûl de l'Etat à celui des censitaires. L'Eglise, dont la Révolution a saisi le domaine, ne possédait pas seulement des terres; elle possédail aussi des drc-ils féodaux: et ces droits, l'Etat ne peul les vendre parce que le taux de rachat est trop éle\"é, En oulre, el inversement, des charges féodales pesaient sur les domaines d'Eglise. L'Etat ne peul mellre les domaines en vente sans les avoir dégagés de ces charges féodales: el il faut qu'il les rachète à très haul prix. Ainsi, de bien des côlés et sous bien des formes, des protesta lions s'élevaient. Mais les paysans ne se bornaient pas à protester: ils résistaient, au grand émoi des administrations ré\Olulionnaires, souvent très.modérées, et au grand scandale de la bourgeoisie. Le 12janvier 1791, le député du Périgord Loys rédige un mémoire sur les troubles du Périgord, Quercy el Boulogne. • Tous les paysans rP(usent de payer les i·entes, ils s'allrouperu, ils (0111 des coalitions, des délibérations portant qu'aucun ne payera de i·entes el que si quelqu'un vient à en payer il sera pendu. Ils vont dans les maisons.des seigneurs, des ecclésiasügul!s el d'autres pcr,onnes aisées; ils y commellent de; dégâts, se font rendre les parties de rentes que quelques-un~ onl reçues d'abord, se fonl faire des reconoaisgances et des engagemeoLs par au1 qui ool vendu le blé perçu ou qu'ils l rélenclent qui ont été payés de lods et ventes et autres droits qui ne léur étaieol pas dus. Tous ces excès ou

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