RIB'COlllE SOCIALLS'DEl 879 aux-ci osJicnt-ils parle,· ouvertement de guerre qu'on fit prononcer ait roi, dans le in.ois de décembre, u,1 discours où il semblait l'amwncer à la nation, el vouloir pousser la nation. dans ce sens; c·esl alors que la guerre a paru vcaiseml>Jable; le pacli diL modéré, qui jus1ue-là l'avail eu horreur, voyant le gouvernement à la tête de celte opinion, a commencé à l'adopter, el le peu ct:hommes prévoyants qui voulure11t résister à celte frénosie ont passé pour des endormeurs. • Ain.si, en décemllre, au. moment oll ~arbonne enlralne le roi à la politique de gue,r·e limitée, Barnave- est résolument opposé. à Lou.teguerre : mais il est visillle qu·aulour de lui les révolutionnaires moclérés el monarchbles se laissent gagner aussi à la lactique du ministre aventureux. Sans doute les Lamelb. et Duport résistèrent moins que Barnave. C'est peu.t-être son impuiss ..nce à faire agréer ses conseils el le dépit de voir l'influence secrète qu'il avait su se ména3er auprès du roi et de la reine, abolie en un jour par la brillante étourderie de Narbonne, qui décida Barnave à quiller Paris. Sans douLe aussi le Lerdble enchevètremeot des choses intérieures et des choses extérieures lui fit-il peur. Il quitta Paris, c'est lui-même qui uous l'apprend, dans les premiers jours de janvier 1792, pour revenir clans ses foyers. . Narbonne ne cacba point d'ailleurs à l'Assemlllée ~ue c'était lui qui avait suggéré au roi celle politique. Il a!Iecla clans la,;;éance m~me du 14 el aussitôt après le roi, de parler en grand ministre Jirigeant, et il signifia nellement que, par lui, c'esL le parti modéré, le parti constitutionnel qui allait prendre la direction de la guerre, 1 ui donner son caractère et ses li miles:« C'est la m~me nation, c'est la même puissance quicomballil sous Louis XI\"; voudrions-nous laisser penser que notre gloire dépendait d'un seul homme.el qu'un siècle ne rappelle qu'un nom? Non, Messieurs, je ne l'ai pas cru lorsque j'ai désiré te parti que le roi vient de prendre. Je sais qu'on a déjà voulu, qu'on voud,·a peut-être encore catom11ie,· ce parti, que parmi les hommes qui l'avaient ardemment réclamé, il en est qui se sont préparés à le combal/re dès que le gouvemement a paru l'adopter; mais vous di'concerterez de tels systèmes, et l'on persuadera di/fi· ci/einent à une natiot1 courageuse que de vains discours suffisent à la défense de sa liberté. • Après ce coup aux J;cobins, el même sans doute à la Gironde, Narbonne précise llien, par le choix même des chefs, que ce sont les révolutionnaires nettement monarchistes el moclérésqui auronlla conduite des opérations. • Trois acmées ont paru nécessaires, M. de Rochambeau, ~!. de Lückner, M. de Lafayette. • (Triple salve d'applaudissements.) Enftn, découvrant hardiment son jeu, c'est aux forces d'ordre et de conservation qu'il fait appel et il démontre que la guerre doit être l'occasion de renforcer le pouvoir exécutif, c'est-à-dire royal. • Nous aurons le soin de
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