Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

878 Il ISTOJH E SOCJ ALI S'I' E réunies en Congrès, y serait nécessaire, et il espérait que la guerre ferait surgir des incidents gui nécessiteraient la tenue de ce Congrès. En allendanl, le roi alOrmail sa volonté conslilulionnelle; et quand il parlait des dégoûts dont on • environnait l'e.~ercicc oc son autorité•, on ne sut s'il parlait des émigrés ou des révolutionnaires. L'Assemblée ne chercha point à pr6ciser, el c·e,l avec des transports d'enthousiasm, qn'clle allait vers l'aiJtme. Car quel pire désa,tre pour la Révolution, que la guerre ainsi accaparée par la Cour el conduite avec tant d"arrière-pen,éfs trallr,·s,es ! Maisles esprits étaient si échauffés cl la Gironde les a,ait si 6tourd1meut passionrés du feu de la guerre que toute clainoyauce ~emblail perdue. Pourtant rexlrème-gauche dans l'Assemblée et dans les tribunes garda 1° silence. l\obcs1,icrre e~~Jarat avaient réussi Il é1•eiller un commencement de déOanc~. Les conseillers secrets de la Cour depuis Varennes, les Lamelh, Duport, Barnave, avaient-ils poussé le roi dans ta -voie aventureuse ouverle par Narbonne? Los contemporains font pen~é; l'abbé de Salamon chargt\ de renseigner la cour de Rome, écrivait le i9 décembre au cardinal Zelada : • Les Constituants, ne sacbanl de quel moyen se sen•ir pour écraser les Jacobins el pour faire aller la Constitution, ont penst\ qu'il fallait prendre les dits Jacobins au mot el déclarer la guerre, parce qu'il en arriverait une e,ptosion quelconque qui pourrait amener te but désiré, c'est-à-dire ta Con.-- lilulion un peu mitigée. Louis de '.'iarbonne, vif, ayaQLde l'esprit et de l'ambition, voulant se soutenir dans une plaoe hérissée des écueils les plus scabreux, persuadé qn'un ministre de ta guerre ne peut (lire vraiment en activité que pendant ta guerre, non seulement a goûté ce projet des constituants ses amis, mais on assure que c'est lui qui l'a proposé dans le Conseil et l'a fait voir au roi comme le seul moyen de lléjouor l'Assemblée et les Jacobins, et l'a rail adopler. C'est d'après celle résolution que nous ayons vu sortir de la presse te pitoyable disoours qu'on a 111isdans ta bouche du roi. • li parait bien que Barnave, dLÎmoins:n·encouragea pas celle politique; il aurait voulu te maintien absolu dl! la paix, mais d'autres • couslituant, • semblent al'oir conseillé l'aventure. Barna1'1l,sous le titre: Fa11te,de la nou1•elleAssemblée, écrit ceci : • _Laconduite do gouvernement et da parti constitutionnel eùt été de s'opposer décidément à la guerre eL en général de résister fortement sur tontes les choses décisives, mais hors de là d'hiler toutes Jes secousses ... Si les ministres ayant arr6lé entre eux ces mesures, en onLenvoyé le résumé au roi, el ont cru qu'elles nuraienl plus de poids auprès Ire Jui, appuyées de l'opinion de deux anciens députés gui., quèlqoes mois aa:paravant,avaie11t contribué à conserrnr son trône el sa personne, c'est oe ,que j'ignore absolument, mais c'est ce qui pourrait 6lre 1-rai. » • Le gouvernement n'a jamais eu de mal'dle suivie œl • prttsque towjours donné dans lts piè9es que ,es adversaires ont ~ulu mi ilencrtt; à peilu

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