Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

876 HISTOII\E SOCIALISTE l'accompagnent, • M.de Narbonne à la tôle •, comme nous l'apprend une lettre du 19 décembre de l'abbé Salamon. li. de '.'larbonne faisait, si je puis employer une expression toute moderne, figure de président du Conseil. li apparaissait comme le chef du ministère. Le roi debout el découvert lut à l'Assemblée une déclaration ... • Vous m'avez fait entendre qu'un mouvement général entrainait la nation el que le cri de tous les Français était : « Plutôt la guerre qu'une « patience ruineuse et avilissante. » Messieurs, j'ai pensé longtemps que les circon~tances exigeaient une grande circonspection dans les mesures; qu'à peine sortis- des agitations et des orages d'une révolution et au milieu des premiers essais d'une Constitution naissante, il ne fallait négliger aucun des moyens qui pouvaient préserver la France des maux incalculables de la guerre. Ces moyens je les ai tous employés ... L'empereur a rempli ce qu'on devait attendre d'un allié fidèle en défendant el dispersant tout rassemblement dans ses Etats. Mes démarches n'ont pas eu le même succès auprès de quelques autres princes : des réponses peu mesurées ont été faites à nos réquisitions. Ces injustes refus provoquent des dét~rminalions d'un autre genr~. La nation a manifesté son vœu : vous l'avez recueilli, vous en avez pesé le, conséquences; vous me l'avez exprimé par votre message; Messieurs, vous ne m'ave:; pas prévenu; représenla11t du peuple, j'ai se11tison i11jure, el ;e vais vous faire connaitre la résolution que j'ai prise pour en pow·sttivre la répa1'<ttion. • Je fais déclarer à l'électeur de Trêves, que si avant le 15 de janvier, il ne fait pas cesser dans ses Etals tout allroupemenl el toute disposition hostile de la part des Français qui s'y sont réfugiés, je ne verrai plus en lui qu'un ennemi de la France. (Vif~ applaudissements et cris de: Vive le ,·oi.)Je ferai faire une semblable déclaration à tous ceu, qui favoriseraient de mème des rassemblemen_ts. contraire, à la tranquillité du royaume el en garantissant aux étrangers toute la protection qu'ils doivent attendre de nos lois, j'aurai bien le droit de demander que les outrages que les Français peuvent avoir reçus soient promptement el complètement réparés. (Applaudissements.) • J'écris à !'Empereur pour l'engager à continuer ses bons offices, et, s'il le faut, à déployer son autorité comme chef de l'Empire pour éloigner les malheurs que ne manquerait pas d'entrainer une plus longue obstination de 1 quelques membres du Corps germanique. Sans doute on peul beaucoup allendre de son intervention; mais je prends en même temps les mesures les plus propres à faire respecter ces déclarations. (ApplaudissemenU.) • Mais en nous abandonnant courageusement à celle résolution, hàtonsnous d'employer les moyens qui seuls peuvent en assurer le succès. Portez votre allenlion, Messieurs, sur l'état des finances; alrermisse1 le crédit national; veillez sur la fortune publique; que vos délibéraUooa loujouu IOD•

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==