872 HISTOIRE SOCIA.LISTK rien moins que persuadé lui-même de sa nécessité? C'est pour éteindre t;N FEU o'orÉRA(c'est 1larat lui-même qui imprime en gros caractères ce mol de Rühl) qu'il conseille d'allumer le flambeau de la guerre, pour le rare avantage de n'être pas incommodé par la fumée. » El ~laral, comprenant que déjà peut-ôlre le flambeau est allumé, s'accuse le négligence : • Je regrette beaucoup de n'avoir pu m'occuper plus tôt de cet objet pour éventer le piùge; je crains fort que les patriotes n'y soient pris, et je tremble que !"Assemblée, hâtée par les jongleurs prostitués à la Cour, ne se prête elle-même à entrainer la nation dans l'abime. » Ainsi, contre la tactique de la Gironde, cherchant la guerre ou pour abattre le roi ou pour le mellre sous la tutelle girondine, commence à s'af• armer la tactique des démocrates disant que la guerre est ut1 piège, qu'elle est voulue par la Cour. En même temps que Marat, et comme sïl y avait eu un mot d'ordre gé· néral donné au parti d'avant-garde, le journal de Prudhomme, dans le numéro qui va jusgu·au 3 décembre, se met à combattre la polilique de Brissot. Et son argument est celui-ci : « Soyez d'abord libres au dedans; débarrassez-vous de la tyrannie intérieure qui est un péril immédiat an lieu de vous précipiter au dehors contre des périls incertains. "L'intention de l'Assemblée nationale est de dire aux princes d'Allemagne : Nou, ne sommes pas contents des rassemblements que vous permellez chez vous; nous vous sommons de les faire cesser ou bien nous devons déclarons la guerre. Représentants, cette mesure serait bonne si vous représentiez un peuple entièrement libre. • El il demande que le veto royal soit supprimé : « Pourquoi ne ras subHiluer la volonté nationale au _veto royal? ... Si l'Assemblée nationale était grande, elle aborderait fièrement la question, dis• culerait ce veto pendant plusieurs séances (le veto sur le décret contre les émigrés), elle en démontrerait la nullité, la perfidie du roi, et elle finirait par une adresse aux départements. » Ainsi le journal de Prudhomme voudrait que sur la que;lion du veto l'Assemblée provoquât une agitation dans tout le pays el le prit pour juge entre le roi et elle. C'est un premier elîort, un peu tardif, pour ramener dans le sens d'une révolution démocratique le torrent, maintenant gonflé à nouveau, des énergies populaires que la Gironde rêvait de répandre sur le monde. « Si f Assemblée nationale prenait le parti que nous venons d'indiquer: si ce parti était sanctionné par la majorité des départements, si la nation et l'Assemblée nationale cessaient de s'occuper, non pas d1, complot, mais des conspirateurs (les émigrés), si elles les abandonnaient au mépris qu'il$ méritent, nous les verrions se disperser d'eux-mêmes, el bientdl nous rougirions de les avoir redoutés quelques moments. •
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