IIISTOIRE SOCIALISTE 871 d'attaquer les petits princes des bords du Rhin. llypocrisie, s'il prévoit que cette première escarmouche conduira à une grande guerre contre l'Autriche, mais la dissimule an pays pour l'enti-.ilner pins aisément. Et il semble tout d'abord que c'est une rupture immédiate et franche que conserne Robespierre. « 11faut dire à Léopold : vous violez le droit des gens en soufîrant les ra,semblements de quelqaes rebelles que nous sommes loin de craindre, mais qui sont insultants pour la nation. Nous vous sommons de les dissiper dans tel délai, ou non, vous déclarons la guerre au nom de la nation française et au nom de toutes les natio:is ennemies des tyrans ... Il faut imiter ce Romain qui, chargé au nom do Sénat de demander la décision d'un ennemi de la République, ne lui laissa aucun délai. li faut tracer autour de Léopold le cercle que Popilius traça autour de )!ithridate. Yoilà le décret qui con1·ienl à la nation française el à ses représentants. • Ainsi Robespierre semble d'abord ne combattre la politique belliqueuse de la Gironde que par une surenchère. Est-ce chez lui entrainement? ou lactique ?Voulait-il diminuer les chances de guerre en ou 1<rantdevant le pays la perspective d'une grande guerre redoutable et coùteuse? Ou bien cherche+il d'abord à ménager sa popularité, à éviter le choc lrop violent de l'opinion déjà entrainée? Ce n'est pas, en tout cas, par des discours éqahoques, comme celui du 28, où la pPnsée de la paix se cachait :,OUs une aITcclation ultra-belliqueuse, qn11 pouvait ramener les esprits, et ce clbcours du 28 a quelque chose de faux et de pénible. Cette première période guerrière n'est pas une période de sincérité. Tous les partis, à travers un semblant d'exaltation, équhoquent et rusent. Marat, comme si en cette question de la guerre son entendement était stupéfié, avait gardé le silence après l.i séance du 27, après celle du 29, après la motion Da1erhoult, après la démarche de l'Assemblée au roi. Cbercluit-il sa voie? Etait-il assourdi par l'éloquence guerrière d'lsnard et se demandait-il si lui-même n'allait pas soulfler d'un souffle furieux dans la trompette? · Mais tout à coup, dans son numéro du i" décembre, il se réveille comme en sur;.aut, se reproche son trop long silence, dénonce la politique de guerre et commence une vigoureuse campagne contre la Gironde. Je me demande 81 quelque avis ne lui était point venu ùe l\obes1>ierre, en qui il eut toujours pleine confiance. Après avoir analysé le discours de Rilhl, prononcé quatre jours avant, Marat dit: ~ Voilà à coup s1lr le discours d'un fripon payé pour engager l'Assemblée dans la démarche Impolitique et désastreuse de provoquer une rupture avec quelques petits princes de l'Empire el d'avoir bientdt sur les bras tous leur. altids. Quand ceconseil l'oneste ne serait pas suspect par les suites cruelles qu'il aurait infailliblement s'il était adopté, pent-on douter qu'il ne soit parti du cabinet des Tuileries puisque l'émissaire ministériel qui en était porteur n·est
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