Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

lllSTOIRE SOCIALIS'l't: 809 nos mlni,tres, à notre roi, à l'Europe, le langage qui convient au, représentants de la France. Disons au, ministres que jusqu'ici la nation n'a pas 6té lrès satisfaite de leur conduite ... (,lflplaudi<sement<.) que désormais ils n'ont à choisir qu'entre la reconnaissance publique ou la vengeance des lois; que ce n'est pas en vain qu'ils oseraient se jouer d'un grand peuple el que par le mol • responsabilité • nous entendons la • mort •· (.Vouveaux applaudissemmts dans la salle et dans les lribimes.) • Disons au roi qu'il est de son Intérêt, de son très grand intérêt de dé• fendre de bonne foi la Constitution; que sa couronne tient à la conservation de ce palladium; disons-lui qu'il n'oublie jamais que ce n'est que par le peuple el pour Je peuple qu'il est roi ; que la nation est son souverain el qu'il est sujet de la loi. (Applaudissements.) • Disons à l'Europe que les Français voudraient la paix, mais que si on les force à tirer l"épée, ils en Jetteront le fourreau bien loin el n'iront le chercher que couronnés des lauriers de la victoire; el que quand même ils seraient vaincus, leurs ennemis ne jouiraient pas du triomphe, parce qu'ils ne règneraient que sur des cadavres. (.lpplaudis~emenls.) « Disons à l'Europe que nous respecterons Ioules les constitutions des dirers Empires, mais que si les cabinets des cours étrangères tentent de susciter une guerre des rois contre la ~'rance, nous leur susciterons une gutrre des peuples contre les roi•. (,lpplaudi»~ment,.) « Disom-lui que dix millions de Français, embrasés du feu de la liberté, armt<sdu qlaive, de la rai.Ion, de l'éloquence, pourraient, si on les irrite, clumrrr la face d11monde et faire 1,·embler tous les tyrans sur lew·s /runes. • Enfin, di,ons bien que tous les combats que se livrent les peuples par ordre des despotes ... (Applaudissements.) • N'applaudissez pas, Messieurs,n'applaudissez pas: respectez mon enthousiasme, c·est celui de la liberté. " Disons-lui que Lous le, combats que se livrent les peuples par ordre des despotes ressemblent aux coups que dem amis, excités par une in,ligation perfide, se portent dans l"obscurité; le jour vient-il à parallre, ils jellent leurs armes, s'emlJras,enl el se vengent de celui qui les trompait. (Bmit et applaudissements.) Demême si, au moment que les armées ennemies lutteront avec les nôtres, le génie <le la philosophie frappe leurs yeux, les peuples s'embrasseront à la face des tyrans détrônés, de la terre consolée el du ciel satisfait. (Applamlisscmmls.) • Je conclus par demander que l'Assemblée adopte à l'unanimité le projel de décret proposé : Je dis à l'unanimité, parce que co n'est que par cet accord parfait des rcpré,entants de la nation que nous parviendrons à Inspirer au:t Français une entière confiance, à les réunir tous dans un même esprit, à en imposer sérieusement à tous nos ennemis el à prouver que lorsque la patrie est en da,iger, il n'existe qu'une volonté dans l'assemhlée

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