868 HISTOIRE SOCIALISTE liberté, c'est la puissance el la gloire qui elaltenl les a.m·es,el les premières fumées de la grande ivresse napoléonienne commmencenL à obscurcir les cerl"eaul. Ecoulez lsnard : il commence par démontrer rapidement que la vigueur des démarches projetées aura pour e[el de consolider la paix en e[rayant les puissances; mais il se hâte d'ajouter: a La mesure propo,ée est commandée par ce que nous del"ons à la dignité de la nation. • LE rR\~ÇIIS EST DEVE~U LE PEUPLE LE PLUS llARQUAXT DE L'U~IVERS; il fa!ll que s1, conduite réponde à sa nouvelle destinée. Esclave, il fut intrépide et grand; libre, serait-il faible et timide ?(Applaudissements.) Sous Louis XIV, le plus fier des despotes, il lutta avec avantage contl'e une partie de l' Europe : aujoul'd'hui que ses bl"as sont décltrdnés, craindrait-il l"Europe entière? • " Traiter Lous les peuples en frères, respecter leur repos, mais exiger d"eux les mêmes égards; ne faire aucune insulte, mais n'en sou[rir aucune; ne tirer le glaive qu'à la voix de la patrie, mais ne la renfermer qu'au chant de le victoire (Applaudissements) ; renoncer à toute conquête, mais vaincre quiconque rnudrait la conquérir; fidèle dans ses engagements, mais forçant les autres à remplir les leurs; généreux, magnanime dans toutes ses actions, mais terrible dans ses justes vengeances; enfin, toujours prêt à comballre, à mourir, à disparaitre même tout enlier du globe plutôt que de se remellre au, fers; voilà je crois, quel doit Glre le caraelère du Français devenu libre. (,lpplaudisscmenls répétés.) • Ce peuple se couvrirait d'une honte ine[açaùle, si son premier pas dans la brillante carrière que je vols s'ouvrir devant lui élail marqué par la l:l.cheté : je i·oudrais que ce pas {ûl tel qu'il étonnât les 11alio11S, leur donnât la plus sublime idée de l'énergie de notre caractère, leur imprim:ll un long ,ou\"enir, consolidât à Jamais la Rél"olulion et fil époque dans l'histoire. (Applaudissements.) • El ne croyez pas, Messieurs, que notre position du moment s'oppose à cc que la France puisse, au besoin, frapper les plus grands coups. • 011 se tro111pe,dit Jlontcsquieu, si l'o11croil qu'un peuple qui esl en étal de 1·évolu1ion pour la liberlé esl disposé à ltre conquis; il esl prll au contrai,·e à conquérir les alllres. • El cela est lrès vrai, parce que l'étendard de la lib(•rlé est celui de la 1•icloire, el que les temps de la révolution sont ceu~ de l'ouùli des alfaires domestiques en laveur de la chose publique, du sacrifice des fortunes, des dévouements généreux, de l'amour de la patrie, de l'enthousiasme guerrier. Ne craignez donc pas, Messieurs, que l'énergie du peuple ne réponde pas à la vôtre; craignez, au contraire, qu'il ne se plaigne que vos décrets ne répondent pas à tout son courage. (Applat1disJermnt1.) • •.. Non, nous ne tromperons pas ainsi la conOance du peuple. Levonsnous, dans celte circonstance, à toute la hauteur de noire mission. Parlons à
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