Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

HISTOIRE SOCIALISTE 8ô5 • Ne croyez pas que placés sur un Lhéàtre plus vaste et pouvant disposer de moyens plus considérables, vous puissiez impunément mépriser l'exemple que la Hollande asserl'ie donne aux nations. • J'ai dil qu'en ce discours les conlradiclions abondaient. D'abord, si les émigrés ne doivent être dangereux qu'à raison des déchirements inlérieurs de la France, c'est à une polilique vigoureuse d'action révolutionnaire au dedans qu'il faut se livrer avant de soulever la tempête du dehors. Si la France ne doit pas attendre que ses ennemis cherchent leur heure, si elle doit les de• vancer, ee n'est pas seulement contre les émigrés, contre les petits princes tiU%0T. (D'après ane estampe du Musée CaroavalM.) d'Empire qui leur donnent asile qu'elle doit ouvrir les hostilités; c'est contre tous les souverains ennemis ou ~uspects de l'Europe. El ainsi, sous prétexte qu'il ne faut pas attendre l'heure où les émigrés seronl soutenus par une des grandes puissances, il faul susciter contre la France de la Révolution la coalition des grandes puissances. Enfin, Daverhoull redoute que les puissances étrangères nous attaquent luste à l'heure où il y aura des soulèvements intérieurs dans le royaume, iuste à l'heure où il y aura mésinlelligence entre les deux pouvoirs, c'est-à· dire entre l'Assemblée et le roi. Mais comment peul-il avoir l'assurance qu'en prenant l'offensive la France échappera à ces terribles éventualités? Est-ce qu'il espère que la Julie sera finie d'un coup? Et si elle se prolonge au contraire à travers des allernalives de revers el de succès, toutes les criseo intérieures, toutes les anàrchies peuvent se développer précisément quand r tune mi redoublera d'eliorls. En fail, tous les périls que Davcrhoull veut éviter en LIV. t09. - HISTOJRBSOCIALISTI. uv. 109.

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