78 IIIS1'011lE SOCIALISTE duclion était immense. Le livre de il!. Maurice \\'ahl sur les premières années de la Révolution à Lyon donne à cel égard les chilTres essentiels. • En 168;;, sous Louis XI\", 18.000 métiers sonl en activité. Là, comme ailleurs la Révocation jeta un désarroi profond; mai~ la manufacture de Lyon se relève au Hm' siècle, grâce aux décoll\erlcs cl aux améliorations ingénieuses qui renouvellent l'outillage en perfectionnant la fabrication, grllce aussi au progrès du luxe et à l'extension des modes françaises qui lui donne des clients dans toute l'Eu,·opc. Ottavio illey invente le lustrage des soies, Vaucanson transforme les machines à lisser, Philippe de la Salle introduit dans le tissage des façonnés les dessins de fleurs el de fruits. En 1788, à la veille même de la Révolution, la • Grande fabrique » lyonnaise comprend les Liré,, les velours de ~oie, le~ façonnés, les pleins, les gazes cl les crêpes : son matériel est de 14.1î7 métiers, son personnel de 58.500 ouvriers, ouvrières, aides et apprentis, les trois septièmes de la population. » • Rien que pour les gazes cl crêpes, il y a 2,700 métiers, conduits chacun par deux hommes et 10 maisons importantes faisant chacune de 600 à 800,000 francs d'affaires. Sur 10,000 à 12,000 balles de soie produites en France ou importées du Levant, de lïtali~ cl de l'Exlrl\me-Oricnt, Lyon en absorbe régulièrement 8,000 à 0,000. La moitié des soieries lyonnaises s·écoule à Paris, le reste se partage à peu près également entre la province et l'étranger. A côté de la soierie proprement dite, 25 à 30 maisons, occupant 2,îOO métiers el atteignant en°emble à un chilTre d'affaires de 20 millions, font la passementerie, le galon, le point d'Espagne, la dentelle d"or, le ruban; 20 maisons dont les transactions montent à 10 millions ont pour spécialité le tirage d"or; la broderie seule emploie GOOOpersonnes. Près des industries de luxe, d'autres ont grandi dans le cours du xvm• siècl1,. La chapellerie, qui depuis la guerre d'indépendance el le traité do commerce avec les EtatsUnis a des clients jusqu'en Amérique, fait travailler en ville 8,000 ouvriers el ouvrières, sans compter les ateliers des environs, à )lornand, Saint-Symphorien, Saint-Andéol. Il n'y a pas moins de 50 maisons de corroirie avec un maximum de 8 à 10 millions par an. L'imprimerie et la lilJrairie lyonnaises, dont la réputation date de la Renaissance, fcnt pour 2 millions d'alfaires à l'étranger. > Lyon n'est pas seulement une ville de production, c'esl une ville d"cntrepôt, el toutes les transactions donnent lieu à de vastes opérations de banque. Les grands négociants, munis• de lettres de banquiers• assurenl le règlement des comptes entre la région lyonnaise el le monde enlier. De puissantes fortunes se sont élevées, et plusieurs en une génération. Le premier des Tolo1.an, Antoine était un paysan dauphinois, arrivé à Lyon avec 24 sons en poche. Avant de mourir, il avait fait construire deux magnifiques hôtels. Très riches sont les Régny, les Finquerlin, les Fulchiron, les Vaube-
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