HISTOIRE SOCIALISTE i1 les diverses industries et les divers métiers, je signale la curieuse gravure relative aux mines. Ce sont des femmes qui trient le charbon. li semble qu·au moins les travaux extérieurs de la mine leur étaient réservés. Dès cette époque les théoriciens de l'industrie signalent avec insistance à la bourgeoisie industrielle l'intérêt qu'elle aura à occuper le plus possible les femmes : plus de docilité et moins de salaire. Roland s~ plaint que dans certaines manufactures de la région lyonnaise les femmes soient écartées par quelques "i.èglementsde métier, et il s'écrie ingénùment, avec un singulier mélange de senlimentalilé philanthropique et de calcul mercantile : « Laissons le sexe faible et malheureux chercher sa subsistance dans des trayaux qui, avec d'autres mœurs, sous une meilleure police devraient lui être assignés. Naturellement plus portée à la vie sédentaire, plus patient, plus assidu au travail, plus propre aux détails intérieurs, plus timide, se con/entant de moins, toujours sans parti, sans cabale, le sexe aura plus de pro1ircté, plus de délicatesse dans les objets de luxe dont il s'occupera : et, quels qu'ils soient, il les t'tablira à plus basprix. Ce qui, en fait de commerce, sera toujours le point capital. » Et encore : « Que peut-il résulter de cette interdiction du travail des femmes ? L'anarchie, ou plutôt les partis, les complots, les surtaxes, les travaux négligés ou mal faits, la débauche, les menaces de quitter un mallre, les départs par bandes, et cela dans les temps des plus fortes demandes, quand les goûts changent et qu'il s'ensuit quelque variation dans le tra,·ail; il en résulte que les métiers faits à grands frais restent sans être montés. » nemarquez que t{oland est un démocr~te, et même un ami du peuple. Très sincèrement, comme Madame Roland nous le dit dans ses mémoires, il gémissait sur les sou!Irances et l'accablement • du peuple immense des manufactures •· A Lyon, il sera, à la municipalité, le représentant, le défenseur de la population ouvrière non seulement contre les hommes d'ancien régime, ·mais contre la bourgeoisie modérée. , Il travaillera énergiquement à la suppres~ion de ces terribles octrois lyonnais qui grevaient si fort la consommation des ouvriers. Mais la classe bourgeoise et industrielle, à la veille de la Révolution, est si pénétrée de la grandeur de son rôle qu'elle subordonne tout, sans hésilation et sans trouble, aux lois de la production et de l'échange telles qu'elle les comprend. J'ajoute en passant et avant d'aborder directement cc grave sujet qu'il faut que le prolétariat ouvrier, à la veille de 1789, n"ait eu qu'une conscience de classe presque nulle, pour qu·un démocrate, chef du mouvement révolutionnaire lyonnais, ail pu formuler, sans scandale et sans embarras, celte théorie brutale : Payer le moins possible et se faire obéir le plus possible. A Lyon, cependant, il semble que dès la Révolution mllmc il y ait eu commencement de conflit ,ocial entre les fabricants el les onvriers. La pro-
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